Le roman A)i)ia Karénine
2. Dans une lettre précédente à Léon Tolstoï, Toiirguéneff \ui dit iivoir envoyé des exemplaires de la Guerre et lu Paix à H. Taine, Ed. About, André Thouriet etc., et Ji la lettre du 12 janvier 1880 il avait joint l'article du ,Y/X' .b^?èc/e (alors dirigé par Ednïond .Vbout) sur le roinan de Tolstoï. Nous parlerons du soin particulier qu'apportait TourguéncfF à faire connaître ea France les <jnivres de son célèbre confrère russe au moment où nous donnerons ses lettres à Emile Zola.
d'apiœs sa correspondance J3.i
Paris, 50, rue de Douai.
Mercredi matin.
Mon cher vieux.
Les sprotten n'arrivent que dans une semaine, en attendant je vous ai envoyé d'autres poissons suédois qui pourtant ne valent pas les sprotten.
Les deux livres partent aujourd'hui, et je verrai aujourd'hui votre nièce.
Les 3 chapitres que vous m'avez lu m'ont fait le plus grand plaisir, surtout le 2* et le S*"'. Travaillez ferme, remontez-vous le moral, et arrivez ici dès que vous le pourrez.
En attendant, je vais aussi tâcher de travailler, et je vous emhrasse.
Votre
Iv ToURGUÉNEFF.
50, rue de Douai,
^Mercredi 14 mars.
11 1/2 du matin.
Mon cher vieux.
Je viens d'écrire à la Princesse Mathilde que je ne puis aller à son dîner. J'en suis navré. C'est du
1. Il s'agit de trois chapitres de Bouvard et. Pécuchet, la dernière œuvre de Flaubert, que la mort ne lui a pas laissé le temps d'achever.
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vrai guignon, mais décidément je ne puis pas montrer ma face hors de chez moi. Je sors pour hi piemière fois pour aller chez un dentiste et je rentre aussitôt. J'ai encore eu de violentes douleurs névralgiques cette nuit.
Je vous en prie, dites ii la Princesse que tout ça, c'est malheureusement la vérité.
Autre chose : voila que Stassulevilch m'écrit que, toute réflexion faite, il préfère mettre \cfideii.i légendes ensemble dans le n» du 13 avril. C'est son affaire, et il a peut-être raison. J'avais écrit une petite préface. Cela ne change rien ii la publication d'ici. Stassulevilch m'écrit que puiscjue //cVodiade est de la même longueur que Sl-JaJien, il fera les calculs là-dessus et enveri-a l'argent aussitôt. (Je lui fais entendre en termes détournés que vous n'en seriez pas fâché.).
Je vous serre mélancoliquement la main.
Votre
Iv. TOURGUÉXEFF.
Paris, 50, rue de Douai.
Samedi malin.
Mon cher vieux,
C'est pour ce coup que vous allez me traitei' de poire molle, de chifTon, de loque, etc., et j'ajoute que vous aurez raison. Cependant, écoutez-moi avant de frapper (je me dislingue en ceci de Thé-
d'après sa correspoxdaxce 135
niistocle). Tout mon monde part aujourd'hui, et j'aurais été libre, mais Paul Viardot ' donne demain son concert, ce que j'avais oublié, et je ne puis me dispenser d'y assister. Mardi soir je dois faire une lecture (à notre Société de protection des Artistes russes) dans un but de bienfaisance ! Je pourrais donc venir mercredi ; mais à un dîner Sardanapalesque que Zola nous a donné avant-hier, il a été arrangé que lui, Daudet, Concourt, et moi, nous irions chez vous Dimanche (pas demain, une semaine plus tard . Nous arriverons pour le déjeuner ; ils repartiraient le soir et moi je resterai avec vous toute la journée de lundi. A présent, comme vous avez le droit de ne plus avoir confiance en moi, je me soumets aimablement ii vos invectives, mais je crois cette fois-ci que la chose tiendra bon.
.Je vous embrasse.
Votre
Iv. ToURCUÉNEFF.