Traduit en français sous le tilro d'Eaux Prinlanières
Faites, je vous prie, mes meilleures amitiés à M. Commanville, et recevez pour vous-même l'expression de la plus vive sympathie.
De votre tout dévoué
Iv. TOURGUÉNEFF.
50, rue de Douai.
Samedi matin.
Hélas ! ma chère Mme Commanville, je ne puis pas aller chez vous ce soir. Au lieu de passer une heure très agréable dans votre société et celle de Goethe, je dois aller m'ennuyer (ceci est entre nous) au concert de Mme Garvady, auquel je ne puis m'empècher d'assister par des raisons majeures.
Indiquez-moi un autre jour (excepté demain) et je serai heureux de me mettre à votre disposition.
Agréez l'assurance de mes sentiments affectueux, Votre tout dévoué
Iv. TOLRGUÉNEFF.
50, rue de Douai.
Mercredi matin.
Chère Madame Commanville,
Voici : l'homme propose — et la goutte dispose. J'avais bien décidé que j'irais aujourd'hui chez vous puisqu'on vous trouve les mercredis, et depuis hier
138 IVAN TOUnCUÉNEFF
matin je suis sur le flanc avec un genou tout enflé et rinipossibilitc de bouger. Croyez que je le regrette bien ! J'espère que cela ne durera pas longtemps, et que je pourrai bientôt vous porter mes compliments de nouvelle année ainsi que l'expression de mes sentiments les plus affectueux.
Iv. TOLRGUÉNEFF.
P. S. — Mes meilleures amitiés à M. ConimanviUe.
Bougival, Les Fr«^nes-Châlet, Sftine-et-Oisc.
Mardi, 2() août 79.
Chère Madame Commanvillc,
Vous êtes bien aimable de me témoiorner tant d'intérêt et de me féliciter d'une nomination que je n'ai certes pas demandée, et que je ne comprends pas même très bien, car qu'est-ce que c'est ^qu'un officier d'instruction publique? Il parait que cela donne le droit de porter un ruban violet — violet, pas rouge. Je l'accrocherai à ma robe de Docteur d'Oxford, qui, elle, est d'un rouge très vif ; ces couleurs iront parfaitement ensemble.
Vous ne me parlez ni de votre santé ni de vos travaux; je me permets d'en conclure que tout va bien. Resterez-vous longtemps à CroissetPJe dois une lettre à votre oncle, — je n'ai guère été d'humeur épistolaire tout ce temps-ci. Embrassez-le de
d'après sa correspondance 139
ma part. Je crois pomoir vous charger de cettu commission, et recevez un bien cordial et bien amical sliake-hand
De votre dévoué
Iv. TOURGUÉXEFF.
Paris, 50, rue de Douai, Jeudi matin.
Quel affreux accident'. J'ai immédiatement télégraphié h Flaubert avec réponse payée, et je n'ai pas reçu de réponse, ce qui m'inquiète beaucoup. Je vais demain a Croisset. Pourriez-vous me donner quelques nouvelles ?
J'ai mis sur l'adresse M. ou ^Ime, car je suppose que l'un de vous est parti pour Croisset. Excusez le décousu de ce billet. Mille amitiés.
Iv. TOURGUÉXEFF.
YI
Paris, 50, rue de Douai.
Samedi.
Mille fois merci pour votre petit mot, chère Madame Commanville. Je vais un peu mieux, c'est-àdire que je vais sur des béquilles ; mais je ne sais pas encore quand je pourrai sortir delà maison.
1. Flaubert s'était cassé une jambe, comme on l'a vu dans les étires qui lui sont adressées.
140 IVAN TOinGCKNEKK
Ma première visite sera naturellement pour vous. Mes meilleures amitiés à vous et à M. Commanville.
Votre tout dévoué
Iv. ToLRGlHNEFF.
vu
Bougival, Les Frênes-Châlel,
Seine-et-Oise.
Dimanche, 23 novembre 79.
Chère madame^
Je n'ai pas encore quitté la campagne et je n'ai reçu votre lettre qu'hier soir. Je crains bien que le dimanche prochain ne soit aujourd'hui, et qu'alors les renseignements que vous me demandez et que j aurais été heureux de fournir au Père Didon ne viennent trop tard. Cependant j irai demain ;i Paris et je passerai à votre porte vers 4 heures;dans tous les cas j'aurais le plaisir de vous voir, si même je ne puis me rendre utile au P. Didon.
Agréez l'assurance de mes sentiments dévoués.
Iv. TOLUGIKNEFK.
Spasskoïé, gouv. d Orel,
Ville de Nitsensk.
Jciuli, 27/15 mai 18S0.
C^hère Madame Commanville,
Je vous remercie d'avoir pensé i\ moi au milieu
d'apkès sa correspondance 141
de vos ancroisses. La mort de votre oncle a été un
des plus grands chagrins que j'ai éprouvés dans ma vie et je ne puis m'accoutumer à la pensée que je ne le reverrai plus^. J'ai reçu le coup de la façon la plus dure, ici, il y a quelques jours, en ouvrant un feuilleton de journal. J'ai beaucoup pensé à vous depuis avec la plus profonde compassion et la plus vive sympathie. C'est une de ces douleurs dont on ne i>eut pas se consoler.
Je reviens à Paris dans trois semaines et j'irai vous voir immédiatement. Je me mettrai entièrement à votre disposition, soit pour la publication de ce roman, qui la tué, soit pour toute autre chose. Je sens que j'ai reporté sur la nièce de Flaubert une partie de l'affection que je lui avais vouée.
Au revoir donc et à bientôt ; en attendant je vous serre tendrement la main et suis pour toujours. Votre tout dévoué
Iv. TOURGUÉNEFF.
Bouglval, Les Frênes, jeudi, 22 juillet 80.
Chère Madame Commanville,
J'ai bien regretté de ne vous avoir pas vue h Paris, mais cela n'a pas été de ma faute. Je n'ai reçu votre lettre du 15 juillet qu'à Paris dans