IVAN TOURGUÉNEIF
l'après-niicli, il n'y avait plus moyen de vous envoyer un télégramme. Je suis allé à tout hasard, rue du Faubourg-Saint-IIonoré, et à o heures je devais rentrer à Bougival. Notre entrevue est donc lorcément reculée d'un mois.
Quant à la proposition de la 2*^ vice-présidence dans ce comité \ non seulement je l'accepte, mais je suis heureux qu'on ait pensé à moi. C'est comme un devoir vis-à-vis de ce pauvre cher ami que je n'oublieraijamais. Je me mets entièrement à votre disposition pour tout ce qui a rapport à Flaubert.
Vous m'avez bien étonné avec votre question sur \sl philosophie en Russie. Je dois vous dire qu'on s'en occupe terriblement peu; tout dernièrement deux jeunes écrivains ont écrit deux livres là-dessus; il y avait bien longtemps qu'on n'avait rien vu de pareil se produire. Eh bien! l'un de ces écrivains est devenu l'on, et l'autre est sur le point de le devenir. Les questions religieuses qui agitent la Russie n'ont rien de commun, ni avec la philosophie, ni avec la littérature.
Au revoir dans un mois. Ecrivez-moi un mot et j'arriverai immédiatement à Paris. Je vous serre bien cordialement la main et suis tout à vous.
Iv. ToURC.lKNKFF.
1. Comité organisé pour l'érection d'un monument îi Flaubert.
d'après sa correspondance 143
Bouo'ival, Les Frênes.
Jeudi, il novembi*e 80.
Chère INIadame Commanville,
Je regrette vivement que ma lettre vous ait fait de la peine; mais jugez un peu vous-même : M. Commanville se charge de renouer les néofocialions avec ^Ime Adam; il nie donne plein pouvoir de traiter au nom de la famille; j'y vais; j'arrange les choses, le mieux que j'ai pu, et puis voilà que tout est considéré comme non avenu, ce qui me met dans une position assez fausse vis-à-vis de Mme Adam. Aussi, je ne vois pas pourquoi je retournerais chez elle. Que M. Commanville lui fasse savoir que définitivement il accepte ses offres, et tout sera réparé.
J'ai reçu la liste du comité; c'est parfait, seulement je crains que V. Hugo ne se refuse à siéger avec Zola. J'ai donné rendez-vous à Maupassant pour samedi à Paris ; nous déciderons ce qu'il y a à faire. J'irais probahlement chez Hugo.
Je suis resté ici tout seul; je veux essayer si je puis travailler. Dès mercredi je serai réinstallé à Paris, 50, rue de Douai.
Quant à vous, chère Madame Commanville, soyez persuadée que je vous suis attaché non seulement comme à la nièce de mon pauvre ami, mais comme
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à une personne qui m'inspire les sentiments les plus cordiaux de respect et de sympathie.
Je vous prie de faire mes meilleures amitiés ii votre mari, et de recevoir pour vous-même l'assurance de mon entier dévouement.
Iv. TOL'RCI-ÉNEI-K.
P. S. — Je vous communiquerai les résultats de mon entretien avec Maupassant.
Au début de cette lettre, Tourguéncff fait allusion h un léger malentendu qui s'était produit au sujet de la publication de l'œuvre posthume de Gustave Flaulierl. Bouvard et Pécuchet, dans la Nou%ellc Rei'uc. D'ailleurs, le différend fut bientôt aplani, par Tourguéneff, connue le montre son billet à Mme Commanville, daté du 29 novembre 18(S0, et où nous lisons :
« Voici le traité dûment signé. L'autre exemplaire est resté aux mains de Mme Adam. Elle prie M. Commanville de lui apporter le manuscrit demain (mardi à 3 h. 1/2...
« Je suis très content que celte affaire soit arrangée, et je vous serre cordialement la main. »