A JOSEPH REINACH
C'est par M. Joseph Reinach que Tourguéneff fut mis en relations avec Gambetta. ^I. Joseph Reinach était à cette époque secrétaire particulier de Gambetta et secrétaire de la rédaction à la République P^ranraisc. Il semblerait résulter de deux billets adressés par Tourguéneff à M. Reinach que c'est sur le désir de Gambetta, alors président de la Chambre, que ces relations furent nouées. En efiet, dans l'un de ces billets, Toiu'guéneff dit : « Je suis heureux de me Jiiettre à la disposition de M. Gambetta, et je vous attendrai jeudi matin à partir de dix heures ». Et dans l'autre: «Je serai très heureux de me rendre au dîner de M. Gambetta, et je vous attendrai après-demain malin à l'heure indiquée. » Ces deux billets sont de 1881 et probablement du mois de janvier.
Ces relations n'eurent sans doute pas le temps de devenir fréquentes, puisque Gambetta mourut deux ans plus tard, à peine. C'est à l'occasion de sa mort que fut écrite la lettre que je publie :
Monsieur Joseph Reinach, Je crois être l'interprète des sentiments de don-
d'après sa correspondance 293
loureuse svmpathie d'un grand nombre de mes compatriotes, en vous priant de déposer, en leur nom, une couronne sur la tombe de l'homme illustre que la France vient de perdre.
Iv. TOURGUÉNEFF.
Bougival. les Frênes
'16, rue de Mesmer),
Dimanche, 23juin.
Monsieur,
Je n'ai reçu votre lettre qu'hier, et comme je pars jeudi pour la Russie, d'où je ne reviendrai qu'en octobre, il m est, à mon grand regret, impossible de vous désigner un jour pour l'entrevue que vous désirez.
Je ne puis vous cacher pourtant que je suisj en principe, contre toute espèce d'adaptation de roman au théâtre, et surtout dans le cas dont il s'agit, Roiidine étant une étude psychologique.
On a déjà essayé de l'arranger pour la scène en Russie, mais on v a renoncé.
Je serai enchanté de faire votre connaissance à mon retour de Russie, et en attendant, je vous prie de vouloir bien accepter l'assurance de mes sentiments distingués.
Iv. ToURGUÉXEFF.