II PRÉFACE
une extrême susceptibililé poiii" tout ce qui a l'apparence du blâme dans les relations faites par des étrangers sur la Russie. Cette fois , la satire est venue du sein même de l'ordre social qu'elle attaque ; elle a e'té accueillie par les applaudissemens du public, sanctionnés par l'approbation du souverain.
C'est que ce livre est un acte de patriotisme •, c'est à la fois l'œuvre d'un esprit ingénieux et <l'un bon citoyen. L'auteur a entrepris de rassembler dans un vaste tableau tous les traits d'une société variée , qui confond par l'unité politique tant de peuples différens de mœurs et de caractère , et il a rempli sa iâclie avec un rare bonheur. 11 nous transporte des limites de la Pologne au milieu de la Tartarie; et, par une fiction familière aux moralistes, il représente la civilisation dans les déserts et la barbarie dans les villes et les capitales de l'empire. Il n'omet aucun des détails de son sujet : ni les abus du pouvoir administratif, ni l'avidité des fonctionnaires, ni le faste indigent des seigneurs , si ruineux pour les paysans qui l'entretiennent , ni les résultats de TiffUGrance , ni