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ports. Il a un sens droit et un esprit cultivé. Que n'a-t-il reçu une éducation de principes! il en serait cent fois plus utile à son pays. Sidor-Erniolaevitcli est ré d'une famille de paysans de la couronne Ptesté orphelin, il fut reçu en (|ualilé de comnîis chez un de ses parens éloiijnés ^ et par ses liavaux, son zèle et sa bonne conduite, il s'est fait un état; puis s'étant formé par la lecture, la réflexioa ttrespérience, il a pris un goût décidé pour la société des gens d'esprit. Il élève aujourd'hui ses enfans à l'université , convaincu que le premier des biens sur la terre , que le premier besoin d'une aime immortelle est l'éducation morale. Vous avez vu le père Eugène;, toute la vie de ce vénérable ecclésiastique est une preuve é;oqu(;i;te des hienfai's de la ( ui-
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îuie de i'espiit et de la raison. 11 ainie ses devoirs parce qu'il les connaît, et sa conduile donne un poids infini à ses paroles.
Tout en causant sur différens sujets , Pierre-Pétrovitch Virtutine fut amené à parler de quelques circonstances de sa vie. 11 nous dit entr'autres clioses (ju'il n'était point né dans celte contrée el qu'il y demeurait contre son gré , ce qui excita vivement notre curiosité. Nous le priâmes ihslamnient de nous raconter la cause de cette singularité. Virtutine c('da à nos prières :
« Mon père était un gentilhomme pauvre , qui n'avait d'autre moyen pour subsister que ses très modiques appointemens. Il épousa lafdle d'un marchand , et reçut pour dot une cinquantaine de
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jiiiille roubles. Ma mère mourut en ni*donnant le jour j mon père ne tarda pas à quitter le service afin de se livrer tout entier à mon éducation. J'eus pour l'enseignement des sciences des maîtres particuliers , mais je n'eus d'autre gouverneur que mon père. Il m'inspira un dévouement sans bornes à la patrie et au trône j il me prouva que l'immcns;- Russie est peuplée de cent races d'hommes différentes qui ne peuvent constituer un peuple fort et florissant que sous un gouvernement monarchique fortement constitué lui-même. Dès mes plus tendres années , mon père eut soin de me dire sans cesse , que rien dans le monde n'était aussi sublime en fait de morale , que les leçons de l'Evangile. Il ne m'interdit point la lecture des ouvrages plii-
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loso|;hiLjaes,mais il me répelait : « Mon fils , l'apôtre St. Paul dit expressément dans son épître aux Tliessaloniciens .
Examinez lout : attachez-vous à ce c/iii est bon. Dans les écrits des sages ^ tu trouveras beaucoup d'idées, beaucoup d'esprit surtout, mais nulle }>art tu ne rencontreras d'aussi admirables préceptes, et si faciles à pratiquer, que dans l'Evangile. Dans les oeuvres des pliilosoplies^tu verras des conseils inspirés par la vertu , mais non une morale aussi divine, des vérités aussi consolantes ([ue dans la doctrine des apôtres. Toute la morale des sages est délavée en des milliers de volumes ; les apôtres la renferment dans ce peu de mots: Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous ^faites-le
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pareille me] il pour eux (i). Mais, je vous dis , à vous cjui n{ écoutez : aimez vos ennemis. Faites du bien h ceux qui vous haïssent (2). Mon clier fils , en pratiquant ces préceptes, tu accompliras tous tes devoirs, » Mon père n'était ni un bigot ni un hypocrite , mais un véritable bon chrétien.
» Lorsqu'il eut achevé mon éducation , j'entrai au service mihtaire. Le jour de mon départ pour le régiment , il me jjénit tenant en main un crucifix, au pied duquel était gravée cette inscription : C^est pourquoi , renonçant an, mensonge j que chacun de vous parle à son prochain selon la vérité (3).
(i) St. Luc.
(2) Idem.
(3) St. Paul.
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» El) prenant de l'âge, je ne faisais que in'afT'ermir de plus en plus dans les principes qu'avait grave's dans mon cœur le meilleur des pères , et j'étais cliaque jour j)lus convaincu de cette vérité, que l'homme a pour premier devoir sur la teire d'assister .^on prochain par tous les moyens qui sont en son pouvoir. Toule injuslice faite à un honnue par un autre individu quel qu'il fût, produisait en moi une impression forte, et par mallipur, en pareil cas, ne pouvant retenir liia langue, je m'emportais contre les abus sans aucune prudence. ÎNous élioiis cantonnés dans les riches campaijnc s ilc; rUkraiî.e, et les habitans faisaient pa: L de leur abondance à nos braves soldats (jMi , dans leurs loisirs , les aidaient aux tr;iv;iux des cliamps. L(>s ]ial)itans ne
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voulaient point recevoir les rations fournies au régiment par la couronne , et moi , je pailais , j'insistais pour que les vivres refuse's fussent toujours vendus au prolit des soldats. Lorsqu'on réglait le compte des sommes employées en munitions et fournitures , et lorsque l'on payait la solde , je me gendarmais (constamment pour sauver le copek du soldat (i). Il est difTicile de revêtir en tonte occasion la vérité de couleurs douces et* tendres ; je fus souvent réduit à prendre le ton de l'amertume, à crier, à me plaindre de ne pouvoir me faire entendre. Je passai pour un homme inquiet • il fallut prendre mon congé,
(i) Locution russe , comme on dirait tu France : le denier de lu veiwe.
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»Mon père , qui était vieux et faible , de'sira que je vécusse auprès de lui. Je pris rang dans le service civil à Saint- Pe'tersbourg j je m'attachai à un tribunal,- là s'ouvrait un vaste champ à mon activité, et je complais m'y rendre utile à la patrie. Mon père ne fut nullement chagrin de voir que j'eusse été forcé de quitter le service militaire. « Tu as rempli ton devoir ; cette pensée est ta récompense et ta consolation , dit-il en m'embrassant ». Quand je dus m'installer dans mes nouvelles fonctions , il m'appela dans son cabinet , et en me montrant le livre de l'Ecriture Sainte ouvert sur sa table , il m'ordonna de lire l'épître de Saint-Paul à Timothée, où il avait souligné ces mots : Reprenez dci>evnt tout le monde ceux qui seront. coU"