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IX. -- Les Fêtes du Centenaire en Colombie

Les nouvelles de la Famille nous ont apporté les échos joyeux des fêtes du Centenaire.

Ea les lisant, on se sent heureux et fier d’être Oblat ; on goûte, même dans l'isolement, les douceurs de l’Ecce quam bonum …. ; et un nouveau désir nous anime de continuer à nous dépenser sous Ja bannière de Marie Immaculée,

Vous m'avez demandé, mon Très Révérend Père, de vous faire le récit des fêtes de notre Centenaire en Colombie Britannique. Le voici.

Remarquons, d'abord, qu'à la date du 17 février les fêtes n’eurent aucun cachet de solennité. Seules, quelques rares communautés — où, malgré les exigences du saint ministère, nos Pères purent se trouver réunis — purent avoir une petite fête, celle du cœur, telle que l’ont voulue nos saintes Règles. Les absents durent, ce jour-là, offrir à Dieu un nouveau sacrifice, celui de la séparation et de l'isolement.

J'ai mentionné les exigences du ministère. De ce fait, nos Pères se trouvent, souvent, en dehors de leur communauté, — les uns chez les Indiens, les autres chez les Blancs, d’autres enfin occupés à donner des missions. L'on sait que le Mercredi des Cendres tombait, cette année, le 17 février ; et il n'était pas possible à nos Pères de se soustraire à leurs obligations, ce jour-là. Ils durent donc mettre en pratique la parole du Maitre ct chercher, avant tout, le Royaume de Dreu et sa Justice, — confiants en sa bonté qu’ils recevraient, en temps voulu, le surcroît qu’il a prornis : Omnia adjicientur vobis.

Ce temps arriva, et le surcroît, fait de joies toutes spirituelles, vint aussi. Nos fêtes, pour avoir été un peu retardées, n’en furent ni moins touchantes ni moins solennelles.

Au commencement du mois d'avril, une lettre circulaire du Révérend Père Provincial nous annoncait que, pour se conformer aux instructions de Monseigneur le Révéren-

dissime Père Supérieur Général, il avait sollicité et obtenu de Monseigneur j’Archevêque de Vancouver l’autorisation de célébrer, dans nos églises et chapelles, un Triduum de prières, à l’occasion du centième anniversaire de l’approbation de nos saintes Règles, — nous exhortant à choisir, de préférence, la date des 28, 29 et 30 mai pour ces exercices Cette circulaire nous annonçait, en même temps, la date de notre retraite annuelle, qui devait se clôturer par une Messe solennelle d'action de grâces, suivie d'agapes fraternelles.

Le temps du Triduum avait été bien choisi, car il coincidait avec la clôture des Pâques et aussi avec les cérémonies, toujours si goûtées, du dernier dimanche de mai.

Ce fut une vraie joie, pour pasteurs et fidèles, de voir ces exercices si bien suivis. Chaque jour, de nombreux fidèles se pressaient au sermon, au confessionnal et à la sainte table; et, le soir de la clôture, ils étaient tous là, désireux de pouvoir gagner l’indulgence plénière attachée à la Bénèdiction Apostolique.

Les espérances du Rév. Pére Provincial ne furent pas trompées : Drinu fut loué, remercié et glorifié, et, du haut du ciel, la Vierge Immaculée dut jeter un regard de complaisance sur l’œuvre de ses Oblats...

Ce n’est pas chaque jour qu'il est donné à nos Pères de la Colombie Britannique de pouvoir se rencontrer. Le temps semble long, d’une retraite générale à l'autre ; tous ne peuvent y assister, chaque année; et bien peu acceptent de céder leur tour. Mais, cette année, outre le désir de venir se retremper, au contact de leurs frères, dans l'esprit de leur vocation, il y avait l'attrait des fêtes à célébrer. Aussi les Pères arrivérent-ils nombreux à New-Westminster.

Il n'entre pas dans le cadre de ce compte rendu de parler des exercices de la retraite. Qu'il me suffise de mentionner que le Révérend Père François BLANCHIN, Provincial de l’Alberta, avait accepté d'en être le prédicateur, et l'on saura, tout de suite, que les sermons et instruc-

tions furent profonds de doctrine, allant droit au but, et de nature à faire prendre des résolutions solides et durables.

Cette retraite se termina, ainsi que toutes les autres retraites, par ja rénovation des vœux, l'hymne d'action de grâces, la bénédiction du Saint Sacrement et l’accolade fraternelle. D’aucuns — non pas les Benjamins de la }'amille, mais de vieilles barbes grises — se donnèrent rendez-vous dans un autre cent ans. Qui sait? Ils pourraient bien ne pas y manquer, si pour eux se réalise le Defunctus adhuc loquilur…

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