‹ IX. -- Les Fêtes du Centenaire en ColombieChapitre 2 sur 2 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

Mais arrivons à Ja grande cérémonie à laquelle le public et, surtout, les paroissiens de New-Westminster avaient été conviés.

A dix heures moins un quart, fidèles à la consigne, les Oblats défilaient vers l'Église Saint-Pierre, ancienne Église cathédrale du Diocèse de New-Westminster.

L’autel, sobrement mais artistiquement décoré, resplendissait de lumières. Le Frère Joseph BITAUCOURT, sacristain, et le Rév. Père Jean SALLES, curé, y avaient mis la main et aussi leur cœur. A gauche, près de la table de communion, on remarque une belle statue, — don des enfants de la paroisse, à l'occasion du Centenaire : c'est Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui semble sourire et prendre part à nos fêtes; amie des Missionnaires, elle a aussi les Missionnaires pour amis, car son intercession leur est d’un très puissant secours.

Dix heures! L'église s’est remplie. Les Oblats de MARIE Immaculée sont au premier rang ; puis viennent les membres du clergè séculier et régulier, qui sont venus remercier Dieu avec nous; derrière le clergé, on remarque les membres des diverses communautés religieuses qui ont été à la peine avec les Oblats et, aujourd’hui, se réjouissent avec eux, — Sœurs de Sainte-Anne, Sœurs de la Providence, Sœurs de l’Instruction de l'Enfant-Jésus et Frères des Écoles chrétiennes (branche irlandaise), — puis, enfin, les regards s'arrêtent un instant, cette fois avec

Plus d'émotion et de confiance dans l'avenir, sur un groupe d’une quinzaine de jeunes étudiants, les prêtres ou les Oblats de demain.

Un dernier son de cloche, et la procession des enfants de chœur et du clergé, sous la direction du Rév. Père Henri THAYER, se déroule et arrive dans le sanctuaire. La Messe solennelle va commencer. Le Rév. Père Victor Ro, O. M. I., est l’officiant; et il est assisté des Rév. Pères Étienne MurPay, O0. M. I. et Edmond MAILLARD, O0. M. I., faisant fonctions de diacre et de sous-diacre. Dans les stalles, en habit de chœur, prennent place, le Très Rév. Père John WELcH, O. M. 1., Provincial, Monseigneur Leterme, représentant le Diocèse de Victoria, et le Rév. Père Jean Coghlan, C. SS. R., le prédicateur de la fête.

La Messe commence. Que dire des cérémonies et des chants? C’est parfait. En langage du pays, on entendait cette réflexion : « Ça a bien été !.. » Les cérémonies ? Les quatre Oblats qui officient ont été choisis à dessein pour cette fonction : c'est tout dire. On n’avait pas encore vu, depuis les jours où la vieille église était la cathédrale, des cérémonies aussi scrupuleusement et aussi solennellement exécutées. Les chants? La chorale, toute faite de voix d'hommes, sous la direction d’un maitre émérite, Monsieur W.-R. Lowe, ne mérite que des éloges. Les différents morceaux furent admirablement rendus; pour beaucoup d’entre nous, qui avons tant de difficultés à organiser une chorale, ce fut une révélation.

A l’évangile, le Révérend Père prédicateur monta en chaire... Que dire du sermon et comment le résumer? Ce ne serait pas rendre justice au discours magistral du Rév. Père Coghlan que d'essayer d’en donner la traduction; nous préférons vous l'envoyer dans son texte’ anglais, — nous bornant à en indiquer ici les points les plus saillants pour l'édification de ceux qui pourraient lire ces lignes ;

— « Nous sommes assemblés, aujourd'hui », nous dit en substance le R6v. Père, «a pour célébrer le centième anniversaire de l'approbation de la Congrégation des Oblats de Marix Immaculée. C’est un événement qui, pour un monde affairè, à l'esprit terre à terre, pourra passer inaperçu, mais qui doit être et sera, pour ceux qui visent à un idéal plus élevé et apprécient les biens spirituels à leur juste valeur, une occasion bien légitime de réjouissances.

Un siécle d'existence pour une Congrégation religieuse approuvée par l'Église, cela veut dire, pour la Congrégation des Oblats, que, durant cent ans passés, lorsque d’autres recherchaïent leurs aises dans des biens factices, il s'est trouvé des prêtres et des frères, qui ont eu le courage de se détacher de tout par le triple vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, des hommes qui, par un quatrième vœu, celui de persévérance, ont promis à Dixu de ne pas regarder en arrière. Cela signifie cent ans de Messes, de travaux incessants, de fatigues, de sacrifices, d’abnégation et de prières pour un monde coupable, — cent ans de voyages pénibles, d'efforts héroiques, parfois surhumains, pour gagner des âmes à Jésus-Christ. »

Puis l’orateur passe en revue, à grands traits, les origines et le développement merveilleux de la Congrégation.

-— « Fondés, en 1816, par un saint prêtre, — Monsieur {plus tard, Monseigneur) Charles de MazENoD, — pour raviver Ja Foi dans sa chère Provence, les Oblats étendirent, vite, le champ de leur apostolat

Approavés par l'Église, en 1826, ils furent, bientôt, appelés à s'établir hors de France, en Angleterre et en Irlande, où ils travaillent encore aujourd'hui.

En 1841, ils arrivérent au Canada, jetant, successivement, les fondements de ce qui devint, dans la suite, les Diocèses, Archidiocèses, Vicariats et Préfectures apostoliques d'Ottawa, Saint- Bomface, Winnipeg, Edmonton, Vancouver, Calgary, Mont- Laurier, Pembroke, Athahaska, Mackenzie, Yukon et Baie d'Hudson ; et ils ont été, dans ce pays, les vrais pionniers de la Foi. Rien ne les a arrêtés : ni l’intempérie des saisons, ni les froids rigoureux de la zone glaciale, ni l'hostilité ou l'indifférence de ceux qu'ils évangélisaient, ni la faim, ni la soif... Pour eux, les distances n'ont pas compté : et, fidèles à leur devise Evangelisare pauperibus misit me, ils ont toujours marché de l'avant, heureux de laisser à d'autres les postes où le progrès et Je confort les avaient suivis. L'histoire de leurs hauts faits — je devrais dire : souvent, de leur martyre — captive l'imaginalion : c'est un véritable poème épique, l'épopée de la croix plantée par les Oblats de Mar Immaculée & travers l'immensité du Canada et jusqu'aux confins du grand Nord inhospitalier, Et, je suis

heureux de leur rendre ce témoignage : si, aujourd'hui, la Foi est solidement arcrée dans ce pays, si, nous Catholiques, nous avons notre place au soleil, si nous pouvons lever la tête avec fierté, — je dirai plus : si la population nouvelle, établie dans ce pays, jouit, en paix, d’une prospérité relative, — cela est dù, en grande partie, aux efforts des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.

Et je ne parle que de ce que nous pouvons voir, ici, au Canada. Jetez un regard sur les États-Unis ; reportez-vous, par la pensée, dans la vieille Europe, — en France, leur pays d'origine, en Angleterre, en Irlande, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Pologne, en Italie, etc., — dirigez vos pas vers le Sud africain, allez aux Indes (à Ceylan), visitez l'Australie : partout, vous trouverez des diocèses florissants, des collèges, des universités, des séminaires, des cathédrales et aussi nombre de petites èglises et chapelles; vous y verrez la Croix... Et qui donc l'a plantée ou qui la soutient, cette Croix ? Partout, vous trouverez l'Oblat de MaRIE.

Oui, Dieu avait ses desseins, lorsqu'il inspira le Fondateur de cette Congrègation. Dieu l'a manifestement bénie; et il est bien juste qu’en ce centième anniversaire nous unissions nos voix et nos priéres à celles des membres de cette Congrégation, pour L'en remercier et implorer de Lui la grâce d'être fidéles à ses bienfaits.

Mais quelles leçons pouvons-nous retirer de ces fêtes ? Il faut bien vous rendre compte, mes Frères, que la majeure partie de nos Missionnairés, durant les 60 derniéres années, nous sont venus de France. Les Oblats d'origine française ont, jusqu'ici, porté presque seuls, dans nos pays, le poids du jour et de la chaleur, — il faudrait dire : du froid. Dieu soit béni de nous les avoir envoyés ! Et que ceux qui les suivront sachent bien que des cœurs reconnaissants leur feront toujours le meilleur accueil! Et puissent-ils venir nombreux, car le champ à cultiver est immense !.… Mais devrons-nous, toujours, compter sur les efforts des autres? N’est-il pas temps pour vous, parents chrétiens, qui avez tant reçu de Dieu, de vous montrer généreux en retour ? N'est-il pas temps de réfléchir, d'agir résolûment et de regarder, comme le plus grand honneur que Dieu puisse vous faire, celui d'appeler votre enfant au service des autels? »

Le Révérend Père, dans une péroraison éloquente, eut des paroles très aimables à l’adresse des Oblats présents, 1 évoqua, ensuite, le souvenir de ceux qui ne sont plus, priant Dieu de donner le repos éternel à ceux qui furent nos pères dans la Foi, et d'accorder, à ceux qui continuent leur œuvre ici-bas, la force et le courage dont ils ont besoin.

La Messe solennelle se terminait, lorsqu'une délégation — représentant la Paroisse Saint-Pierre et composée de Messieurs W.-H. Keary, Édouard Goulet, J.-H. Méthot et John O’Callahan — s’avança vers le sanctuaire, pour offrir, au Rév. Père Provincial et aux Pères et Frères, le tribut de leur admiration et leurs meilleurs souhaits. D'une voix ferme et, cependant, presque étouffée par l’émotion qui le gagnait, surtout au souvenir des disparus, Monsieur W.-H. Keary (à plusieurs reprises, Maire de New- Westminster) — dont le souvenir attendri peut se reporter aux jours de sa première Commuuion, reçue des mains des premiers Missionnaires, dans cette même Église Saint- Pierre — lut l'adresse dont nous donnons la traduction :

Au Très RÉVÉREND PÈRE WELCH ET AUX RÉVÉRENDS PÈRES ET FRÈRES OBLATS DE MARIE IMMACULÉE :

« Aux premiers jours de cette Province, longtemps avant que le chemin de fer ne traversât ce continent ou que les fils électriques n’en reliassent les confins, les Fils de Monseigneur de Mazenon, après avoir dit adieu à leur famille et à leur patrie, vinrent s'établir ici, pour travailler d’un travail ardu, souvent au péril de leur vie, et porter les consolations de la Foi aux Indiens de nos forêts et aux rares colons établis, çà et là, à des distances considérables les uns des autres.

Nous devons à ces hommes intrépides une immense dette de reconnaissance, qui, nous aimons à le croire, leur sera payée, en temps opportun, par le Maître qu'ils ont si bien servi et à qui rien n'échappe.

Oblats de Marie Immaoulée, vous avez été le soutien de nos malades et de nos mourants; vous avez êté les éducateurs de notre peuple, sans exception de classe ou de croyance; en un mot, vous avez êté, pour nous, tout ce que l’on peut concevoir de bon, de saint et de sublime.

En 1860, le regretté Pére Léon Fouquer nous fut envoyé et érigea un centre d'activité sur les bords du Fraser, dans un petit village, qui est devenu l’importante et ambitieuse cité de New- Westminster.

En 1864, le Rév. Père Louis d'Hansomez fut, à Victoria, sacré Évêque de Mélitopolis et reçut en partage le Vicariat de la Colombie Britannique, — qui comprenait, alors, toute la partie continentale à l’ouest des Montagnes Rocheuses. Le 16 octobre, il établissait son siège à New-Westminster,

Le Révèrend Père Fouquer avait, bieutôt, établi un nouveau centre, à 40 milles dans l'intérieur des terres, sur les rives du même fleuve Fraser. C'est la Mission Sainte-Marie. En 1862, y fut érigée la première école pour les Indiens, sous la direction du Rév. Père Florimond GEnpre. Cette école, aujourd'hui très florissante, continue sa mission civilisatrice auprès des Indiens qui en bénéficient.

Le Collège Saint-Louis, établi à Victoria, dans l'Ile de Vancouver, en 1863, fut, en 1866, transféré à New-Westminster, où il a joué un rôle trés important et continue encore à être d'un puissant concours dans l'éducation des enfants de la race blanche.

En 1867, une Mission fut établie à William's Lake, — c'était la Mission de Saint:Joseph — puis, en 1873, plus au nord, celle de Stuart's Lake et, en 1878, celle de Saint-Eugène, au pied des Montagnes Rocheuses. Mais, avant d'entreprendre ces œuvres, les Oblats s'étaient déjà fixés au centre de l'Okanagan, dés l'année 1857, là où a surgi, depuis, la Ville importante de Kelowna...

Qu'il me soit permis de proclamer les noms des héros qui se sont sacrifiés, sont morts à la tâche et ont regu leur récompense : — Mgr d'Hersouez, Mgr Durœu, les RR. PP. Fouquer, Horris, McGucun, Fayarp, Javo, Panbosy, Cuirouse (Casimir), PEvTavIN, MARSHALL, CARION, MARTIN, GENDRE (Florimond), OuELLETTE, WuhELAN (William), Murpy, GUERTIN, GRANDIDIER, CORNELLIER, LeJaco, RicHarp, CHiAPPINI, BLANCHET ; et les Fréres ALLEN, MeSray, Sur, FLyNN, SUREL, Burns, MooRe, JENNY, et VERNHET.

Nous pouvons, grâce à vous, rendre gloire à Dieu pour la. bonne entente qui existe entre nous et nos concitoyens d'une autre croyance. Nous sommes heureux de leur rendre ce témoignage qu'ils ont, toujours, secondé nos efforts dans nos entreprises charitables.

Il est un membre de votre Congrégation dont nous aurions vivement désiré la présence, au milieu de nous, en ce centenaire : c'est Monseigneur DontenwiLz, votre Supérieur Général, dont le souvenir est. si vivant parmi nous. Veuillez lui transmettre, à l’occasion de ces fêtes, notre humble hommage et nos félicitations les plus cordiales.

Avant de conclure, il convient d'affirmer, bien haut, que les Oblats de Mariz Immaculée ont, en raison de leur ministère auprès des âmes, contribué, de la manière la plus noble et la plus efficace, à rendre cette Province ce qu'elle est aujourd’hui. On ne saurait trop apprécier ce qu'ils ont fait.

Puisse le Ciel vous bénir, faire fructifier votre travail, et qu'un jour il vous accorde la récompense éternelle !.…

Au nom des paroissiens de l'Église Saint-Pierre, New- Westminster, ont signé : |

W. H. Keary. — Éd. Goulet. — J. H. Methot. — John O'Callahan. — L. P. Reid. — J. F. OReilley. — H. R. Lonsdale. — L. P. Gregori. — M, J. Herb. — Joseph Dorgan. — H. Loue. »

Le Révérend Père WELcx, Provincial, en termes émus et bien choisis, remercia les signataires et les paroissiens de Saint-Pierre pour cette démarche si délicate et pour les nobles sentiments qu'ils avaient exprimés,

Cédant à Dieu la gloire pour le bien que, dans le passé, les Oblats ont pu accomplir, à New-Westminster et ailleurs, il demanda aux catholiques de seconder, de toutes leurs forces, l'œuvre du recrutement sacerdotal, de se montrer toujours de vrais enfants de l'Église, de profiter des leçons du passé et d’être des hommes de foi et de devoir, au milieu de leurs concitoyens.

Aprés la Messe, les membres du clergé se groupérent — sous le bel érable, planté, il y a plus de soixante ans, par un de nos Frères, dans la cour du vieux Collège Saint- Louis — pour se faire photographier.

Une fête n’est pas complète, si tout l’homme n’y trouve sa part. Durant toute la matinée, l'esprit s'était rassasié. Le temps était venu pour le corps d’en faire autant. Aussi, à midi et demi, tout le monde — Pères et Frères, amis du Clergé séculier et régulier et Frères des Écoles chrétiennes — sont fidèles au rendez-vous.

Les dames catholiques de la paroisse avaient tenu à faire les honneurs de la-‘fête, imitant en cela les saintes Femmes; et nos dévouées auxiliaires, les Sœurs de Sainte- Anne, avaient généreusement offert l'usage de leur grand réfectoire pour la circonstance. Au moment venu, elles étaient là, Sœur Supérieure en tête, pour souhaiter la bienvenue à leurs convives.

Les murs du réfectoire disparaissaient sous les décors; le couvert était mis et une place assignée à chaque convive. On invoqua donc la bénédiction d’en haut; et l’on se mit à l’œuvre Ce fut un vrai régal... Comme les choses ont changé, depuis un demi-siècle ! Plus de viande sèche, plus de pemmican, plus même de pain noir! Tout cela a été transformé par le progrès de la civilisation { Ici, on se

trouve en face de mets dignes d'une table royale. Lisez, plutôt, le menu :

— Soupe, Poulet, Jambon, Légume, Salade, Olives, Tarte aux Pommes et Fromage, Pain et Beurre, Gâteau et Crême à la Glace, Thé, Café, et Cigares et Cigarettes.

Oui, même cela, car c’est dans la fumée que la joie prend son essor ! Mais le menu n'indiquait pas le bonum vinum quod lætificat cor hominis. 11 y en eut, cependant, et du bon : on fit honneur au Sauterne, et, comme c'était le 14 juillet, on but à la France — celle des Missionnaires.

Au dessert, le Révérend Père WercH, Provincial, qui présidait ces agapes, se leva pour remercier Dieu et tous ceux qui, par leur présence ou leur concours, avaient aidé à rehausser l'éclat de nos fêtes. Il commenta, en paroles enflammées, les premières lignes de la poésie écrite, en lettres d’or, sur la carte du ÆAfenu. Nous la donnons en son entier, — elle en vaut la peine :

Benedicamus Domino :

For future, present, long ago, For smiles of joy, for tears of woe, For all the blessings that we know, Benedicamus Domino !

Benedicamus, loudly sing !

Let the Jubilee anthem ring, While angels bright, on prayerful wing, Celestial blessings earthward bring :

Benedicamus Domino !...

Oui, pour le passé, le présent et l'avenir, benedicamus Domino!

Pour le bien que les Oblats ont pu faire, en Colombie Britannique et dans le monde entier, benedicamus Domino!

Pour les auxihaires précieux que le ciel nous a prodigués, pour les communautés qui nous ont prêté main forte, benedicamus Domino !

Pour ces amis du Clergé séculier et régulier, que le ciel nous a envoyés, benedicamus Domino !

Pour toutes les délicatesses que nous venons de goûter, pour celles qui les ont préparées et servies, benedicamus Domino !

Pour Ja belle fête de ce matin, pour les belles cérémonies, pour les beaux chants, pour le magnifique sermon qu'il nous a été donné d'entendre, benedicamus Domino ! ù

Et, puis. arrive ce que Dieu voudra! In omni tempore, bensdicamus Domino !

Et tasse le Ciel que, durant le deuxième centenaire de son existence, la Congrégation des Oblats grandisse, en nombre et en sainteté vigoureuse, et que les Oblats, dans cent ans, puissent se trouver réunis ici et, comme nous, répètent, de tout cœur : Benedicamus Domino !

Aprés le Révérend Père Provincial, Monseigneur Leterme se leva pour offrir, — en son nom, au nom de son Évêque, Monseigneur O’Donnell de Victoria, et au nom du clergé de l'Ile de Vancouver, — aux Oblats de la Colombie Britannique et à ceux du monde entier, ses weiileurs souhaitset le tribut de son admiration pour l’œuvre qu'ils ont accomplie. En termes bien paternels et bien sentis, Monseigneur dit sa joie de se trouver au milieu de nous et de prendre part à nos fêtes. Il finit, en nous recommandant de prendre exemple sur nos devanciers, d’être fidèles au devoir et de porter, bien haut, l’Étendard de MARIE Immaculée.…

Après que Monseigneur Leterme se fut assis, le Rév. Père BLancaix fut prié de dire un mot, en français. Il le fit, en son nom et au nom des Oblats de sa Province. Le Révérend Père fit l'éloge de nos œuvres, évoqua le souvenir des Oblats qui nous ont précédés et se réjouissent avec nous. Le nom de Monseigneur DoNTENWILL — qui dirigea, naguère, les destinées de ce Vicariat — provoqua des applaudissements prolongés. Puis, s'adressant aux membres du clergé, il les remercia pour l’aide précieuse qu’ils ont apportée à la cause de Dieu, lorsqu’à cause de l'émigration les Oblats se sont sentis débordés…

— « Nous ne sommes plus seuls ; et, ce qui est encore mieux, nous sommes unis, d'esprit et de cœur, avec vous, Messieurs du Clergé séculier et régulier. Nos fêtes sont vos fêtes, parce qu’elles

sont, avant tout, les fêtes de la Sainte Église; soyez bien convaincus que les vôtres seront les nôtres. »

Ces deruières paroles, qui exprimaient si bien la pensée de tous, furent très applaudies.. Et le Rév. Père BLANCHIN reprit sa place... C'était la fin.

La fin! Non : il fallait bien aussi, à côté des joies, une petite épreuve. Elle nous accompagna, même, durant toute la fête. Nous ne devions pas avoir la consolation d’en-

tendre la voix de notre Archevéque et d'entendre de lui quelques paroles d'encouragement. Il était, sans doute, retenu par des affaires très pressantes et, de plus, accablé d’infirmités qui ne lui permettent guère de se montrer en public. Ii ne vint pas et oublia de se faire représenter.

Les fêtes du Centenaire resteront, longtemps, dans le souvenir ému de ceux qui eurent le bonheur d'y prendre part. En y pensant, on trouvera un renouveau de courage pour vivre la vie du Missionnaire et de l’Oblat.

Louis CHoISNEL, O. M. I.

SR de he

Noces de Diamant.

Le R. P. Jean-Marie Quinouts, Curé de Verulam et autres lieux. — soit, en tout, dix paroisses échelonnées, le long de la côte de l'Océan Indien, entre la Riviére Umgeni, près de Durban, jusqu'a la Tugela, qui sépare le Zulaland du Natal — ne laisse passer aucune occasion de procurer à ses confrères Oblats une journée de distraction et de légitime délassement.

Son vénérable vicaire, le KR. P. François-Xavier RoUussEAU, entendait sonner 8es soixante-quinze ans, le 9 juin dernier. La veille, quelques Missionnaires du district se réunissaient, on vue de la retraite mensuelle... Mais, étant donnée Ia circonstance exceptionnelle, le diner fut agrémenté d’un Deo gratias.

Mais, sur ces entrefaites, un télégramme appelle, en toute hâte, le Père Quinquis au chevet d’une malade. Il part, sans hésiter, voit la moribonde, l’administre et revient couvert de poussiére, — encore à temps pour s'asseoir au milieu de ses confrères et prendre part à la joie commune. .

Vers la fin du repas, le Père Léon Sormany évoque — dans une simple, aimable et intéressante conversation — le carrière si bien remplie du Père Rousseau, ancien Chapelain de Montmartre, Missionnaire en France, professeur, etc.

Puissions-nous célébrer, dans cinq ans, le quatre-vingtième anniversaire du zêlé religieux qui, malgré son âge et ses infirmités, seconde, de tout son pouvoir, le non moins zélé Missionnairs qu'est le R. P. Quinouis 1...

Les « Missions » s'unissent, de grand cœur aux vœux des Missionnaires sud-africains, pour redire au R. P. François-Xavier Roussæau : Ad multos annos !

L'an tee 0e t'es)

Page 1