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MARAVILHA Oui, oui, je sais... (eai> elle est bonne pour lui, sans amour) Mais regardez- 1? tempo
vous donc, vous êtes un enfant! Vous ne pouvez pas être aimé à votre âge. Nous joue-
rons ensemble, si cela vous amuse, à la corde, au volant, à la balle, mais l'on ne peut
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pas vous aimer, petit! pour m'embrasser, vous seriez obligé de monter sur une chaise.
Mais quelqu'un s'est arrêté devant la tablette où sont les souris blanches . PRISSE-
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LIS s'élance, fait travailler les bestioles...
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On lui donne deux sous! Deux sous! Il man-
géra ce soir! Il est ravi! Il va courir chez le boulanger.
A ce moment passe une bouquetière; il achète avec les deux sous, un bouquet de violettes, il va l'offrir à Màravilha — Maravilha ne songe qu'à Pierrot FRISSELIS, puisqu'elle ne
daigne pas faire attention à lui, lui touche la main, du bouquet de violettes, et va se re-
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mettre sous sa table, où il baise en pleurant les fleurs doublement parfumées.
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Mais voici que Pierrot reparait plus qu'à moitié gris, avec quatre belles filles pres- VÎTO 80= J-
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jj avec beavcoup d'enlrain
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qje aussi grises que lui... Maravilha soupire et regagne sa voiture.
Or, Pierrot plein de joie, va
de baraque en baraque, offre des fleurs à ses comp;ignes, joue au bil-
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lard chinois, à la toupie hollandaise, gagne des pains d'épice, des lapi
vivants, des petits, chats vivants, des porcelaines, met tous les lots dans
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bras des cocottes,
joue au jeu des couteaux
^agoe un énorme coutelas qu'il se met fièrement à la ceinture, comme
une epe
ise les souris blanches
en prend ime par la queue, veut la fourrer dans le corsage des femmes
qui s'effarouchent et poussent dos cris!
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g et la souris s'échappe sous les vêtements de Pierrot !
Pierrot
partout chatouillé par la bête sous ses habits, frémit.
Il ne sait comment la rattraper
une idée I
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il prend l'un des petits chats au bras- clf- cocottes, le fourre sous Un peu plus animé
sa veste, attend...
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un soupir aigu de bestiole étranglée, suivi d'un miaulement triomphant !
1? tempo
et Pierrot enlève son chapeau : on voit sur le serre - tête le chat qui tient
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la souris dans sa gueule, très fierl
Triomphe de
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Pierrot que ia foule acclame
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S , ( Pierrot aperçoit la roiiiot.
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t(! rtt> la pptito somnambule) Pardicu ! je vous paierai la bonne aventure.
Les quatre belles filles ne veulent pas.
PIEKROT Bah!
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moi! je ne crains rien.
Maravilha pour qu'elle y lise. IMeno Allegfpetto io4=J
MARAVILHA folle d'amour pour Pierrot,
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tremble, rougit, elle \oudrait fuir; revient... elle frémit toute entière en tou-
chant la main de Pierrot .
En . même temps elle exprime
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qu'elle n'oserait montrer sa science a un si grand savant que lui ... elle est si
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peu de chose... elle! Pierrot l'encourage d'un air bénévole... cl!i> commence de
lire dans la main de celui qu'elle aime .
oh! le bel
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avenir ! que de gloire !
un théâtre pareil à un palais.
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Et des peuples entiers lui feront cortège quand il arrivera dans les villes,
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non pas avec ces médiocres habits, mais en pompeux costume, non pas à
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pied, mais en char traîné de quatre chevaux, parmi les acclamations ci les
trompette
Pierrot s'inf;i)ue à une pareille prcdietion. Les quatre filles le cajolent
puisqu'il sera si riche.
PIERROT Mais c'est peu d'être riche et illustre
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J'espère bien que je serai aimé aussi?
MA RAVI LU A Oui!
oui! tendrement! PIEKROT A la bonne heure I LES 4 FILLES Par nous! MARAVILHA
Ardemment! PIERROT De mieux en mieux! LES 4 FILLES Par nous! MARAVILHA Pas-
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sionément! PIERROT J'en étais sûr LES 4 FILLES Par nous! MARAVILHA Non! non!
pas par vous LES 4 FILLES Ah! mais!..
PIERROT Et qui m'aimera? MA-
RAVILHA Hélas I je ne puis le dire.
PIERROT Quelque dame très riche.
a tempo
MAIUyiLHA. Nou!
PIKKKOT. Une reine!
MARAVILHA. Noû!
PIEKKOT. La lune peut- être?
qui descendra du ciel tout
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exprès pour nie mettre au front un baiser pâle.
(Lps 4 belles filte^ u.d.vhh. w i ,.rl,i,la„,i..l) MARAVILHA. Non!
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PIKRHOT. Qui donc alors ?
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animez un peu
rî. L[igfli.^rirîli.Yi:^-
MARAVILHA. Moi! (elle tombe à seiioux)
Comme MARAVILHA est très jolie.
y co« passions a tempo
PIERROT très flatté, lui prend le menton, veut l'embrasser. Mais elle Fécule, se laisse
enfin mettre un baiser dans le cou dont elle se pâme. A ce moment FRISSKLTS, qui /
a tout vu, tout compris (il a traversé la scène) Frisselis, tombe évanoui derrière
l'escalier. Le public cesse de le voir
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(biiiser (If t'ierrot à Maravihia)
Mais la devineresse p3méo revoit la main de Pierrot. Un grand effroi! MAKAVILHA est devenue
blême comme une morte, - avec ua cri déchirant dans sa bouche muette. Maintenant la
nuit vient peu a peu. PIEKKOT. Heu! quoi! qu'ya-t-il? MAHAVILHA. Ne m'interrogez pas!
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Je ne dirai pins rien! PIERROT. Parle! MARAVILHA. Non! PIERROT. Je le veux! Il or
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donne, elle supplie. Il exige , elle sanglotte. -Pierrot s'acharne a connaître l'avenir. MARAVILHA. Vous
le voulez? PIERROT. Oui. MARAVILHA. Eh bien.... PIERROT. Mais parle donc! MARAVILHA. Eh bien voici!
Et elle lui montre au fond la guillotine foraine
Stupeur de Pierrot.
Maravilha mi-morte et sanglotante rentre dans sa voiture.
L'homme qui montre l'affreux instrument s'offre a lui en fournir l'explication , à lui en montrer
le jeu, prend le mannequin.
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D ailleurs, s-I Monsieur veut expe'.
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Jy^ifffl-^' . . ;- ^à^^E^ F F N
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rimenter lui-même?.,
Mais Pieri'ot refuse
recule .
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'uilloliné!
Il ti'emble de tous ses membres
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Tetnpo di tnarcia funèbre 63=# On lui fera la toilette....
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On lui liera les mains et les pieds. ...L' aumônier lui dira:
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Allons, mon fils, du courage, pensez a votre salut! Ensuite, lie', il viendra sur le seuil de la
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prison, chancelant, ut il veira la guillotine et on le saisira et on le poussera .
et le
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couteau —
Mais les réverbèi'es un à un s'allument, les baraques se
l'ouvrent , les tréteaux s'éclairent de torches et de lampions
Pierrot ressuscite en même temps que la fGte.
Vivo (l60 = J-)
Il fait un pied de nez a la guillotine 11 là vaincra..
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Il oubliera l'absurde prédiction, il boira pour oublier.- Diantre il n'a plus le sou.
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Poches vides. Bah! il boira à crédit. (Pendant ce temps les badauds sont revenus
en tumulte) et il partira sans payer, même il emportera la bouteille.
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Eh! vive la joie, et il n'est rien de tel que de se donner du bon temps. Il sort avec des
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entrechats parmi la reprise plus bruyante, plus endiablée de la fête.
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un redoublement forcent de la joie universelle et du vacarme.