‹ J'accuse! (volume 2)Chapitre 9 sur 13 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

songé et qu'il ne voulait pas. Sous couleur de le libérer on Va asservi.

Pour conjurer le charme, pour libérer le peuple de ses « libérateurs », pour combattre le mensonge, j'ai écrit ce livre de vérité.

Du peuple mal informé j'en appelle au peuple mieux informé.

Fils fidèle de la Germania, je vois ma mère, frappée de cécité, trébucher au bord de l'abîme, et je m'élance pour la préserver de la chute mortelle.

Est-il encore permis de dire la vérité dans P Allemagne d^ aujourd'hui ? Ou bien en est-on arrivé à considérer le mensonge comme moral et la vérité comme immorale? Le beau chant que nous chantions autrefois en croisant nos rapières, est-il oublié ?

Wer die Wahrheit kennet und sa^et sie^nicht, Der ist fûrwahr ein erbârmlicher Wicht '.

Ou bien l'a-t-on transformé en celui-ci :

Wer die Luge kennt und verheimlicht sie nicht, Der ist fûrwahr ein erbârmlicher Wicht .

Vous prétendez que ce que je dis n'est pas la vérité ? Laissez-moi donc parler et réfutez-moi. Si vous le pouvez, tant mieux pour vous. Mais pénétrez-vous bien de ceci : que ce qu'on dit est parfois dangereux, mais que toujours ce qu'on empêche de dire est plus dangereux encore.

Votre paix dans le château fort, doit-elle durer jusqu'à ce qu'elle soit devenue la paix dans le cimetière ? « Pas maintenant, plus tard ! » me criez-vous. Non, maintenant, pas plus tard, vous répliqué-je. Ce qui plus tard ne sera qu'une parole, une vaine parole, est actuellement un acte, un acte salutaire. Des centaines de milliers d'êtres peuvent être sauvés de la mort; le peuple

> Cehii qui sait la vérité et qui ne la dit pas,

Est, TTaiment, un pitoyable drôle.

• Celui qui sait le mensonge et qui ne le cache pas,

Est, vraiment, un pitoyable drôle.

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