‹ J'accuse!Chapitre 14 sur 18 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Ou bien l'a-t-on transformée en celui-ci? :

Wer die Luge kennt und verheimlicht sie nicht, Der ist fiirwahr ein erbârmlicher Wicht (1)

Vous contestez que je dis la vérité? Laissez-moi parler et réfutez-moi. Si vous le pouvez, tant mieux pour vous. Mais pénétrez-vous bien de ceci : que ce qu'on dit est parfois dangereux, mais que ce qu'on empêche de dire l'est toujours.

Votre paix dans le château fort, doit-elle durer jusqu'à ce qu'elle soit devenue la paix dans le cimetière? « Pas maintenant, plus tard! » me criez-vous. Non, maintenant, pas plus tard, vous répliqué-je. Ce qui plus tard ne sera qu'une parole, une vaine parole, est actuellement un acte, un acte salutaire. Il peut sauver de la mort des milliers d'êtres, il peut préserver de la ruine le peuple allemand; oui, maintenant, maintenant encore, si la vérité se fait jour dans le peuple allemand, car elle arrêtera notre marche sur le chemin dangereux où le mensonge nous entraîne toujours plus loin.

La vérité profite à nos adversaires? Mais, grands enfants, qui fermez les yeux pour échapper au danger, vos ennemis la savent la vérité. Il n'y a personne au monde qui ne la connaisse pas; elle est le secret de polichinelle.

Toi seule, Allemagne, incorrigible et confiante rêveuse, toi seule dort encore dans ton injustice du sommeil du juste. Le soleil est levé depuis longtemps, mais tu ne le vois pas dans la tranquillité de ta nuit, derrière tes

(1) Celui qui connaît le mensonge et qui ne le cache pas, Est, à coup sûr, un pitoyable drôle.

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