‹ J'apprends à lire: Histoires et contes amusantsChapitre 10 sur 11 · RP PRIT CTI LEE SA HET · texte numérisé non relu

RP PRIT CTI LEE SA HET

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La nouvelle maison

Ils allèrent donc tous au bois et se mirent aussitôt à bâtir une maison.

Le mouton et le cochon étaient les plus forts. Ce sont eux qui faisaient le gros du travail. L’oie, elle, mettait de la vase dans les fentes.

En moins d’une semaine, la maison fut finie.

Le coq était toujours debout le premier.

Pour réveiller les autres, il chantait: “Cocorico! Cocorico!”

Ainsi, chacun avait du travail à faire, et tout le monde était content.

Mais pas loin de là, dans le bois, vivaient deux méchants loups.

Un jour, un des loups aperçut la nouvelle maison. Il courut le dire à son ami.

Nous avons des voisins, lui dit-il. Ilya une maison, maintenant, près de l’étang.

—YŸ a-t-il quelqu’un dedans? demanda l’autre, qui était plus gros.

—Je ne sais pas, répondit le premier.

—Je vais aller voir, moi, dit le gros loup.

J’ai grand’faim !”

Il courut tout droit à la nouvelle maison et entra sans frapper.

Mais le mouton et ses amis l’avaient vu venir,

Aussitôt que le gros loup fut dans la maison, le mouton le frappa avec ses cornes, le cochon le mordit avec ses dents

pointues, et l’oie le mordit aux pattes avec son bec.

Pendant ce temps-là, le coq, qui était sur la cheminée, chantait: ‘“Cocorico!” Le gros loup eut si grand’peur qu’il courut tout droit jusque chez lui aussi

vite qu’il put.

‘Comment aimes-tu nos nouveaux volsins? demanda l’autre loup.

—Ne m'en parle pas! répondit le gros loup. Je n’appelle pas ça des voisins!

«Je venais d'entrer, quand un animal, gros comme un éléphant, et qui a des cornes à faire peur, sauta sur moi et me frappa sur le nez avec ses cornes!

“Un autre, un peu plus petit, mais qui a de grandes dents pointues, me mordit ici et là plusieurs fois! Regarde là!

SEt puis, un gros oiseau blanc, plus gros que moi, avec un bec effrayant, me mordit aux pattes et à la queue!

“Pendant ce temps-là, il y en avait un autre qui disait: ‘Essayez de le tuer!”° ”

Les loups en eurent assez. Jamais ils n’allèrent près de la nouvelle maison. Et les quatre amis furent heureux le reste

de leurs jours.

Le petit garçon et le vent

La nappe merveilleuse

Un jour, une femme très pauvre dit à son fils, Paul: “Va donc chercher un peu du reste de la farine.”

Paul alla chercher de la farine. Mais le vent souffla si fort qu’il emporta toute la farine qu’il avait.

Il retourna une deuxième fois chercher de la farine. Mais le vent emporta encore

toute la farine qu’il avait.

Paul retourna encore une fois chercher de la farine. Cette fois-ci, il emporta le reste de la farine. Or, le vent emporta le reste de la farine.

Alors, Paul se fâcha tout rouge. “J’irai le trouver, ce vent-là! se dit-il. Il faut qu’il me donne toute notre farine!”

Il partit donc. Après plusieurs jours, il arriva chez M. le Vent.

“Bonjour, M. le Vent! lui dit Paul.

— Bonjour! dit à son tour M. le Vent de sa grosse voix. Qu'est-ce que tu veux?

—Je veux notre farine, dit Paul. Nous sommes pauvres, et nous en avons besoin.

—KElle n’est pas ici, dit M. ie Vent.

Mais parce que vous êtes pauvres, je te donnerai cette nappe. Tu n’as qu’à dire:

‘Nappe, étends-toi,’ et aussitôt tout ce que tu désires manger sera devant toi sur la

nappe.

—Merci, M. le Vent!” dit Paul. Et Paul partit aussitôt.

Ce soir-là, Paul arrêta à une auberge.

Il avait faim. Il pensa alors à sa nappe.

Il la mit sur une table et dit: “Nappe, étends-to1.”?

Aussitôt il eut devant lui un très bon souper.

“C’est une nappe merveilleuse! se dit

l’aubergiste. Il me la faut!”

Cette nuit-là, après que Paul fut endormi, l’aubergiste alla dans la chambre du petit garçon, prit la nappe magique et mit une autre nappe blanche à sa place.

Le lendemain matin, Paul se leva de bonne heure, prit la nappe blanche et s’en alla tout droit chez lui:

“Où étais-tu donc? lui dit sa mère.

—Je suis allé chez M. le Vent, répondit Paul, chercher notre farine. Mais il ne l’avait pas. Il m’a donné cette nappe à la place. Quand je dis: ‘Nappe, étends-toi,’ aussitôt tout ce que je désire manger se trouve devant moi sur la nappe.

— Paul, lui dit sa mère, je ne puis pas croire cela sans le voir.”

Alors Paul mit la nappe blanche sur une table et dit: “Nappe, étends-toi.”

Mais rien n’arriva. Et Paul en fut bien surpris.

La brebis aux pièces d’or

Paul alla de nouveau chez M. le Vent.

“Que veux-tu donc encore? dit M. le Vent de sa grosse voix.

—Je veux ma farine, répondit Paul.

Votre nappe ne veut plus me donner de quoi manger.

—Je t’ai déjà dit que votre farine n’est pas ici. Mais parce que vous êtes pauvres, je te donnerai cette brebis. Dis-lui:

‘Brebis, donne-moi de l’or, et aussitôt tu auras tout l’or que tu désires.”

“Cette brebis vaut bien mieux qu’un peu de farine,” se dit Paul.

Ce soir-là, Paul alla encore à l’auberge où il était allé la première fois.

Quand il fut dans l’auberge il pensa:

“Je n’ai pas d'argent!” Mais alors, il pensa à ce que M. le Vent lui avait dit.

“Brebis, donne-moi de l'or,” dit-il.

Aussitôt, la brebis ouvrit la bouche et laissa tomber plusieurs pièces d’or.

Quand l’aubergiste vit cela, il se dit:

“II me faut cette brebis!”

Or, l’aubergiste avait une brebis qui ressemblait à celle du petit garçon. Il alla la chercher. Puis, après que Paul fut endormi, il alla chercher la brebis de

Paul et mit la sienne à sa place.

Le lendemain, quand Paul arriva chez lui, il dit à sa mère: “Après tout, M. le Vent est bon pour nous. Voyez, il m’a donné une brebis qui donne de l’or!

—Je ne puis croire cela sans le voir, Paul, lui dit sa mère.

—Prebis, dit aussitôt Paul, donne-moj de l'or’ Mais la brebis n’ouvrit même pas la bouche.

Le bâton magique

Paul retourna une troisième fois voir M. le Vent.

“Donne-moi notre farine, lui dit Paul.

La brebis ne veut pas nous donner d’or.

—Je t'ai déjà dit deux fois que je n’ai pas ta farine, dit M. le Vent. Mais j'ai un bâton magique. Prends-le. Quand tu dis: ‘Bâton, frappe-le,” 1l frappe celui qui essaye de le prendre. Pour le faire arrêter, dis: ‘Bâton, arrête-to1. ”

Paul retourna à l’auberge où il était allé déjà deux fois. Arrivé à l’auberge, il se dit: ‘Je crois que je sais qui a pris ma nappe magique et ma brebis, et je vais essayer de les ravoir.”

Il s’assit sur une chaise. “Je vais faire semblant de dormir,” se dit-il.

Bientôt, l’aubergiste arriva. Il vit Paul, et le bâton qui était près de lui. “Cela doit être un bâton magique, se dit l’aubergiste. Il me le faut!”

Il regarda le bâton avec attention et sortit. Il alla chercher sa hache, puis il s’en alla au bois. Il trouva, enfin, un bâton qui ressemblait à celui de Paul.

Il l’apporta à l’auberge et alla tout droit à la chambre où était Paul.

Paul faisait alors semblant de dormir, L’aubergiste allait prendre le bâton de

Paul, quand Paul dit: “Bâton, frappe-le!”

À ces mots, le bâton se mit à frapper l’aubergiste. L’aubergiste avait beau se sauver et sauter, le bâton le frappait.

“Arrête-le! cria l’aubergiste, et je te donnerai ta nappe et ta brebis!”

Âlors, Paul dit: “Bâton, arrête-toi.” Le

bâton s’arrêta.

L’aubergiste donna la nappe et la brebis à Paul, et Paul s’en alla chez lui.

“Après tout, dit-il à sa mère, le vent a été bon pour nous, n’est-ce pas?”

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Comment Mina fut sauvée

C'était la fête de Mina. Mina avait sept ans ce jour-là. Sa maman avait acheté des chandelles et avait fait un gâteau.

Or, il faisait très beau ce matin-là.

“Allons en pique-nique près de la mer, dit Mina. |

—Je le veux bien,” répondit sa mère.

Mina, sa soeur Anne et leur maman allèrent donc en pique-nique près de la mer. Elles allèrent où il y avait beaucoup

de beau sable net.

Quelque temps avant midi, Anne et Mina allèrent ici et là chercher du bois sec pour faire un feu.

Puis, Anne dit: “Vous pouvez y mettre le feu maintenant, maman.”

La maman regarda le bois et se mit à sourire. Puis elle dit: “Ce n’est pas comme cela qu’on met le bois. Il n’y a pas assez de place pour l’air. Il faut beaucoup d’air pour faire brûler quelque chose.

Je vais vous montrer cela.”

Elle alluma une chandelle et la mit debout sur le sable. Puis elle mit un petit bocal par-dessus la chandelle. En moins d’une minute, la chandelle était éteinte.

“C’est que, dit la maman, l’air ne peut pasentrer. La chandelle a brûlé tant qu’il y a eu de l’air. Puis elle s’est éteinte.”

Anne mit le bois autrement. Cette foisci, beaucoup d’air pouvait entrer parmi le bois. Quand la maman mit le feu au papier, le bois prit feu presque tout de suite. Et bientôt, il y avait un beau feu.

“S1 vous mettez du sable sur le feu, dit la maman, le feu ne peut pas brûler, car alors il n’y a pas assez d'air.”

Anne mit du sable sur un morceau de bois qui était en feu. Un instant après, il n’y avait plus de feu sur le bois.

On se mit alors à préparer le dîner. La maman mit de l’eau dans une casserole et mit la casserole sur le feu. Anne et Mina mirent une nappe sur le sable et mirent le dîner sur la nappe. Puis Mina mit sept

chandelles sur le gâteau et les alluma.

Après le diner, la mère des deux petites filles alla plus loin parler à d’autres dames qu’il y avait là. Anne et Mina,

elles, allèrent s’asseoir près du feu. Elles aimaient regarder le feu brûler.

Après quelques moments, Mina se leva et alla mettre un morceau de bois dans le feu. Mais elle ne fit pas attention et alla trop près. Sa robe prit feu. Aussitôt elle

se mit à courir et à crier.

Anne était plus brave que Mina. Elle ne cria pas, elle. Elle pensa aussitôt au sable. Klle fit tomber sa petite soeur, et vite elle jeta du sable sur sa robe. En même temps, elle dit: “Reste là, Mina!

Ne cours pas!” Mina écouta sa soeur.

Anne jeta beaucoup de sable sur Mina, et arrêta le feu. Elle fit cela si vite que le feu n’eut pas le temps de faire de mal à Mina.

La maman des petites filles avait entendu Mina crier et avait vu le feu à sa robe. Quand elle arriva, Mina était debout et regardait sa robe.

Aussitôt, Mina se mit à pleurer. “Ma belle robe neuve! dit-elle.

—Ne pleure pas, dit la maman. Tu auras une autre robe. Mais dis merci au bon Dieu de t’avoir donné une soeur bien

brave! Je suis contente de toi, Anne!”

Avant de s’en aller, les deux petites filles mirent beaucoup de sable sur le feu.

Puis elles s’en allèrent à la maison avec leur mère, contentes de ce qu’elles avaient appris.

Ce soir-là, la mère des petites filles raconta à leur père ce qui était arrivé.

“Je suis content de toi, Anne! dit son papa. Tu es une petite fille brave! Mais qui t’a dit que le sable pouvait éteindre le feu? As-tu appris cela à l’école?

—Non, répondit Anne, c’est maman qui nous l’a dit. Elle nous a montré que sans air le feu ne pouvait pas brûler. Elle a mis un bocal par-dessus une chandelle, et la chandelle s’est éteinte. Et elle nous a dit que le sable sur le feu faisait la même chose qu’un bocal.

—Tout de même, dit le papa, il faut être brave pour faire ce que tu as fait!”

Alice et les Indiens

C’était dans le temps qu’il y avait beaucoup d’Indiens dans les bois de notre pays.

Or, dans ce temps-là, vivait une petite fille qui s’appelait Alice.

Alice avait peur des Indiens. Quand il en venait chez elle, elle allait aussitôt se cacher.

Un jour, la mère d’Alice alla par affaire chez un des voisins. Elle laissa Alice avec le bébé, et partit.

Alice aimait à travailler. D’abord, elle aÏla chercher le balai et se mit à ramasser la poussière. Puis, elle alla dehors chercher du bois. Ensuite, elle se mit à faire une belle robe pour sa poupée.

Tout à coup, Alice entendit quelqu’un à la porte. Savez-vous ce que c'était?

C’étaient trois Indiens!

Les Indiens entrèrent sans frapper à la porte et sans dire un mot.

Alice avait grand’peur! Elle avait envie de se sauver.

Les Indiens se mirent à marcher dans la maison et à regarder partout. L'un d’eux prit la poupée d’Alice, la regarda un peu et dit: “Pas bébé.” Puis il la jeta sur une chaise.

“Ils vont peut-être prendre le bébé! se dit Alice. Qu'est-ce que je vais faire? Je ne peux pas le laisser ici et courir avertir maman!”

Elle regarda l'horloge. “TL est quatre heures, se dit-elle, et maman ne sera pas ici avant cinq heures!”

Mais alors elle pensa à quelque chose.

Elle monta sur une chaise, prit l’horloge et la mit sur la table. Les trois Indiens

s’arrêtèrent aussitôt.

Alice avait vu son père faire sonner l’horloge. Elle la fit sonner.

Voici que les Indiens ont peur à leur tour et s’en vont vers la porte.

Alice continua à faire sonner l’horloge.

“Qu'est-ce que c’est que ca? demanda le plus brave des trois.

—C’est une voix de l’autre monde, dit Alice.

—Qu'est-ce qu’elle dit?” demanda le même Indien.

À ce moment-là, l’horloge venait de sonner sept heures. C'était l’heure que la petite Alice allait se coucher. Cela donna une idée à Alice. Elle répondit à l’Indien: “La voix de l’autre monde dit que vous faites mieux de vous en aller tout de suite.”

Les Indiens se regardèrent un instant,

puis ils s’en allèrent sans dire un mot.

Alice ferma la porte et courut à la fenêtre.

Les trois Indiens étaient debout près de la maison. Le plus gros des trois parlait aux autres. Alice ne savait pas ce qu’il disait. “Ils vont peut-être changer d’idée, se dit-elle, et entrer de nouveau!” Mais non, ils s’en allèrent lentement vers le bois.

Tout de même, Alice avait encore peur.

Elle avait peur que d’autres Indiens viennent à la maison. Aussi fut-elle bien contente quand elle vit sa maman venir.

Elle courut à sa rencontre et lui raconta ce qui était arrivé.

“Tu as eu une bonne idée, lui dit sa mère. L’Indien est un homme qui croit à un autre monde. Et il écoute ce qu’il croit venir de l’autre monde.”

Le prince Jacques

Deux amis

il y avait une fois un prince qui s’appelait Jacques. Le jeune prince avait huit ans. il vivait dans un beau château avec le roi, son père.

Ce prince n’avait plus de mère, et n’avait ni frères ni soeurs.

Le soir, le roi faisait de son mieux pour amuser son fils. Parfois, il allait se promener avec lui, à pied ou à cheval, et

d’autres fois, 1l lui racontait ses voyages.

Mais quand le roi n’était pas au château, Jacques trouvait le temps bien long. ‘“Je m'ennuie, seul, ici! se disait-il. Comme j'aimerais que Jean fût mon frère!”

Jean était le fils d’un des serviteurs du roi. Il avait huit ans, lui aussi.

C’était un bon petit garçon, mais on ne voulait pas que le prince aille s’amuser avec lui. C’est parce que Jacques était le fils d’un roi et que Jean était le fils d’un des serviteurs du roi.

Quand Jacques était seul, il allait souvent se mettre à une des fenêtres du château. De là, il pouvait voir Jean s'amuser.

Un soir, Jacques dit au roi, son père:

“Jean fait pitié, n’est-ce pas? On me dit qu’il ne sait pas lire et que personne ne lui montre à lire. Pourquoi ne vient:-il

pas apprendre à lire avec moi?”

Cela fit beaucoup plaisir au roi. Il vit que Jacques avait bon coeur. Mais il lui dit: ‘Je crois que Jean ne pourrait pas apprendre à lire dans le château. Il n’a jamais vu le dedans d’un château, et il passerait son temps à regarder partout.

— Alors, dit Jacques, je pourrais aller chez lui. Je pourrais apporter mes livres et lui montrer à lire. Et puis, je pourrais m'amuser un peu avec lui.

—Mais, dit le roi, un prince ne doit pas aller avec les enfants des serviteurs.

—Jean ne m’a jamais vu, dit Jacques.

Il ne sait pas qui je suis. Et je n’ai pas besoin de le lui dire. Je pourrais mettre de vieux habits.”

Le roi pensa un instant, puis il dit: “Va.

Mais surtout il ne faut pas lui dire que tu es un prince.

—Oh! merci!’ dit Jacques.

Le lendemain, après diner, Jacques mit

de vieux habits et courut vers l'étang.

C’est là que se trouvait Jean.

Les deux petits garcons s’amusèrent sur la glace et dans la neige toute l’après-midi. Ils eurent bien du plaisir.

Le soir, quand le prince arriva chez lui, il était un peu fatigué. Mais il était content. “Nous avons eu beaucoup de plaisir!” dit-il à son père. Puis il dit: “Jean ne sait pas que je suis un prince.”

Après ce jour-là, le prince Jacques allait souvent s’amuser avec Jean.

Mais le temps se faisait de plus en plus froid. Bientôt, il fit trop froid pour rester longtemps dehors. Alors Jacques apporta ses livres chez Jean, et se mit à montrer à lire à son ami.

Le prince alla souvent à la maison où vivait Jean. Il y alla presque tous les jours de l’hiver. Aussi, au printemps, le petit Jean savait-il déjà lire assez bien, et à l’été, il savait bien lire.

Les petits garçons étaient maintenant de grands amis. Îls allaient se promener souvent dans les champs et dans les bois qui étaient près du château. Parfois, il leur arrivait de rencontrer le roi et d’autres hommes. Mais le roi était le seul qui savait qu’un des petits garcons était le

prince, son fils.

Deux princes

Un jour, les deux petits garçons étaient dans un bois près d’un homme qui coupait des arbres. Ils aimaient regarder les arbres tomber. Tout à coup, le prince s’aperçut qu’un arbre allait frapper Jean.

Il sauta vite et poussa Jean. L'arbre ne frappa pas Jean, mais il frappa le prince.

Pauvre Jacques! Il était par terre, pâle comme un mort. L'homme courut à lui.

“Je crois qu’il est mort!” se dit-il.

Jean était bien triste! Il avait envie de pleurer. Son ami, son cher ami était peut-être mort!

L'homme appela un autre homme qui n’était pas loin de là, puis il dit à Jean:

“Qui est ce garçon-là?

—Il s’appelle Jacques, répondit Jean.

Son père travaille au château.”

L'homme regarda Jacques de nouveau.

“Mais c’est le prince! dit l’homme.

C’est le prince Jacques

Les deux hommes portèrent le prince au château. Jean alla avec eux.

Le docteur arriva bientôt. IL alla au plus vite à la chambre du prince. “Iln’est pas mort, dit-il, mais il est bien malade.”

Le lendemain, le jeune prince n’était pas mieux. Alors, Jean fit cette prière: “Bon Jésus, dit-il, Vous pouvez le guérir, si Vous le voulez. Il m’a sauvé, sauvez-le

s’il Vous plaît!” DD

Tous les jours, Jean allait voir son ami.

Une bonne fois qu’il était à genoux près du lit de Jacques, le petit prince dit:

“Papa. Jean.” Puis, il ouvrit les yeux et regarda son père. Ensuite, il regarda Jean et se mit à sourire.

“II est sauvé! dit le docteur.

—Merci, bon Jésus!” se dit Jean.

Quelques jours après, le prince pouvait s’asseoir. Îl prenait du mieux de jour en jour. Jean venait le voir souvent, et faisait tout ce qu’il pouvait pour lui faire plaisir. Aussi le prince était-il content quand il voyait arriver Jean.

Un matin, le bon roi demanda à Jean:

“Aimeralis-tu demeurer ici avec ton ami Jacques?” Jean répondit que oui.

Il y eut donc, après ce temps-là, deux princes dans ce château. Et Jean fut pour

Jacques comme un frère.

Le jeune pompier

C’était pendant les vacances d’été. Ce jour-là, Luc et ses amis étaient dans une grange, en train de préparer un cirque pour le lendemain.

Les petites filles étaient en haut. Elles faisaient des costumes.

Brunet, le chien de Lucie, était en haut avec les petites filles. Il aimait être dans un cirque. Il pouvait marcher sur ses pattes de derrière et faire beaucoup

d’autres tours.

Les petits garçons, eux, étaient en bas.

Ils préparaient une voiture pour la parade.

Depuis le matin, on entendait le marteau frapper presque tout le temps.

Tout à coup, Luc cria aux petites filles:

“Venez voir notre voiture!”

En moins d’une minute toutes les petites filles étaient en bas.

“Quelle belle voiture!” s’écrièrent-elles.

À peine avaient-elles dit cela que Brunet se mit à Japper.

“Qu'est-ce qu’il a? demanda Léon.

—]l veut descendre, répondit Lucie. Il veut voir la voiture, lui aussi! Mais il ne peut pas descendre par l’échelle.”

À ce moment-là, les enfants entendirent crier: ‘Au feu! Au feu!”

Aussitôt, ils virent un homme qui courait vers la grange.

“Sortez au plus vite! cria l’homme. La crange est en feu!”

Luc courut à un garage où il y avait un téléphone, et appela les pompiers. Puis il retourna à la grange qui était en feu.

Quand il arriva, la fumée sortait par les fenêtres, par les portes et par les fentes.

“Notre belle voiture va brûler! se dit-il.

Pas de parade demain

À ce moment-là, Luc entendit pleurer.

Il courut voir. C’était Lucie qui pleurait.

“Sauvez-le! disait-elle. Il va brûler s1 vous le laissez là! Dépêchez-vous, s’il vous Dlaitie

Elle parlait de Brunet. Il était en haut dans la grange, et il y avait trop de fumée pour aller le chercher.

Pauvre Brunet! Il y avait de la fumée presque tout autour de lui. Il n’était pas encore mort, on l’entendait japper.

“Si les pompiers n'arrivent pas avant longtemps, c’en est fait de lui,” dit Léon.

Pendant ce temps-là, Luc pensait: “Il faut que j'essaye de le sauver.”

Il courut derrière la grange. Il vit un arbre qui n’était pas loin de la grange.

Puis, il vit qu’il y avait une petite porte ouverte, en haut, pas loin de l'arbre.

Déjà la fumée sortait par cette porte.

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