Eod., XVII, 24, 2 juillet
plus ardentes, n'avaient pas tardé à s'apercevoir que le régime politique qu'on était en train de leur faire n'était pas celui qu'ils avaient rêvé. De nombreuses adresses, dont quelques-unes très impératives, étaient envoyées par les administrations pour sommer les représentants d'avoir à secouer le joug des tribunes^. C'est ce mouvement qu'on a appelé le fédéralisme, et qui n'était autre chose, comme le démontre notamment La Réveillère-Lepeaux, que la lutte des grandes communes, ou plutôt, de la France, contre le despotisme de Paris'^. Pour assurer le succès de cette résistance, on avait, à diverses reprises, proposé d'entourer la Convention d'une force respectable recrutée dans les provinces, mais, dans les assemblées, on parle plus et mieux qu'on n'agit, et l'audace l'emporte toujours sur le talent. Les girondins, qui avaient pour eux la grande majorité du pays, et qui, même à la Convention, auraient eu la puissance du nombre, n'en étaient pas moins arrivés, faute de vigueur, à se laisser dominer par la Montagne et la Commune de Paris, et ils étaient devenus une minorité pour Faction. Lorsque cette minorité avait paru embarrassante tant à cause des talents qu'elle contenait que de l'inlluence que ces talents pouvaient exercer sur les provinces, les meneurs avaient provoqué Tinsurrection du 31 mai. Cette insurrection avait eu pour conséquence la proscription d'une centaine
1. Voir pour quelques-unes des adresses parties de Nantes, le Fédéralisme dans la Loire-Inférieure^ par A. Lallié [Revue de la Révolution, 1889, t. XV, p. 10 et suiv.).