‹ J.-B. CarrierChapitre 125 sur 207 · CARRIER DEVANT ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

CARRIER DEVANT ROBESPIERRE

la déclaration dcjà citée : « Beaucoup de ces petits scélérats ont été jugés et condamnés par la Commission militaire... » ajoutant : « Je ne connais de patriotes que ceux qui ont lui de la Vendée et ont combattu avec nous. Le j'este est brij^and, et ceux-là doivent tomber sous le glaive de la loi... Tuons donc tous les rebelles sans miséricorde. Le plan du Comité de Salut public et celui des généraux est conforme à mes vues, j'y conclus. » L'Assemblée écouta Torateur; aucune protestation ne vint interrompje Texposé de ce plan dont la netteté ne permettait à personne de se méprendre sur sa cruauté. Il fut arrêté seulement que Carrier serait entendu i)ar le Comité de Salut public ^ Cette décision n'avait rien de blessant pour Carrier; c'était l'usage que les députés, au retour de leurs missions, rendissent des comptes au Comité de Salut public.

Le soir, Carrier répéta à peu près les mêmes choses au Club des Jacobins, après avoir subi favorablement l'épreuve du scrutin. 11 affirma, et «les renseignements sont, dit-il, certains que, tant en ci-devant nobles, prêtres, femmes et brigands, on avait tué, en Vendée, cent mille hommes depuis le commencement de la guerre. » Il défendit Ronsin, Rossignol et Santerre; il exalta la bravoure et l'énergie de Westermann, sans dissimuler, néanmoins , que ce général lui avait semblé quelque peu intrigant. Quant à Philippeaux, c'est un fou qui n'a jamais vu de près un seul brigand. Collot d'Herbois, qui était à la source des rensei-

1. Moniteur du 5 ventôse an il {Réimpression, XIX, 5i{7 et 538).

gnements, puisqu'il faisait partie du Comité de Salut public depuis plusieurs mois, non content de louer la sincérité de Carrier, se laissa aller jusqu'à vanter sa bravoure. « Il a, dit-il, combattu lui-même avec courage. Il a courûtes plus grands risques. Il a pris les précautions les plus salutaires pour l'extinction des brigands. Les mesures sont prises aujourd'hui. Le plan du Comité de Salut public est fait, les brigands seront bientôt anéantis K » On sait que ce plan, qui fut appliqué par le général Turreau, consistait à sillonner le pays insurgé de colonnes dites infernales, qui n'épargnaient ni les femmes ni les enfants. Il était déjà en voie d'exécution, et Turreau, quelques jours plus tard, écrivait : « Quinze mille brigands détruits par les colonnes agissantes ; Larochejaquelin tué ; Cathelinière arrêté ; une grande partie des repaires des brigands incendiés, presque toutes leurs ressources enlevées. Voilà où nous en sommes. J'attends de la suite des mesures que j'ai adoptées le terme de cette affreuse guerre'-. » Et ce n'était qu'un commencement, comme le disait Turreau, et comme l'entendait aussi le Comité de Salut public.

La lecture aux Jacobins d'une lettre relative à la guerre de Vendée fournit, peu de jours après, à Carrier, l'occasion de reparaître à la tribune de la Société. Il assura que Tarmée royaliste de la rive gauche ne comptait pas vingt mille hommes. « Charette peut en avoir quatre mille, Stoftlet, un

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