EocL, XX
CARRIER I.Kr.IST.ATEriR 29i
Lo 10 germinal (.')ii mais 17î)i), il appuie 6nergiquement le renvoi, devant le Tribunal révolutionnaire, de Pichard-Dupage, ancien procureur général-syndic du département de la Vendée, contre lequel aucune charge n'avait [)u être relevée par la ('commission militaire de Fontenay^
Un autre jour, il qualitie de muscadins les jeimes gens qui, pour se soustraire aux dangers de la guerre, se font incorporer dans Fadministration des charrois; et, à la suite d'une discussion, un décret est voté pour obvier à cet abus-.
11 célébrait, au besoin, la gloire des armées, et prêchait l'obéissance au gouvernement du Comité de Salut public : « p]st-il au pouvoir d'un Français, disait-il, le 9 floréal (28 avril), de retenir l'expansion de sa joie quand il voit les succès de sa patrie et la bonne conduite de nos soldats.,. L'ouverture de la campagne nous présage les plus grands succès. Plus nos soldats avanceront dans leur honorable carrière et plus nous nous réjouirons des victoires delà liberté. Réjouissons-nous dans l'intérieur, et sachons y maintenir l'harmonie civile pendant que nos frères d'armes portent des coups terribles au despotisme. Il n'y a pas de plus sûr moyen pour maintenir l'harmonie civile que de concourir de toutes nos forces à seconder les efforts du Gouvernement révolutionnaire et à centraliser ses opérations. Le fédéralisme avait isolé toutes les parties de la République pour nous replonger dans le chaos. Sans unité, un Gouvernement tend
1. Réimpression du Moniteur, XX, 93. Un mois plus tard, le 9 floréal, Pichard était condamné à mort et exécuté. EocL, XX, 384.
2, Séance du 3 floréal, XX, 283,
à sa dissolution. D'après les mesures révolutionnaires sagement établies, tout va reprendre une face nouvelle, et la marche du Gouvernement n'éprouvera aucune difficulté ^» Carrier n'avait pas seulement des amis parmi ses collègues; certains d'entre eux, et de ceux mêmes qui l'avaient vu à Tœuvre, louaient et prônaient l'énergie de ses mesures. « 11 faut, — écrivaient delà Rochelle, le 5 floréal an II (24 avril 1794), Hentz et Francastel au Comité de Salut public, — au milieu des fédéralistes et des contre-révolutionnaires, des hommes forts de caractère et défiants... Il faut, dans ces parties. Carrier, qui a sauvé Nantes par la vigueur de ses mesures, ou quelqu'un semblable à lui'-. »
L'ascendant de Robespierre, sur le Comité de Salut public et la Convention avait atteint son apogée dans les jours qui suivirent son discours sur le rapport des idées religieuses avec les principes républicains. Un arrêté de ce même Comité avait enjoint aux agents nationaux de toutes les communes de France de le faire lire comme une sorte d'évangile, chaque décade, dans tous les édifices publics^.
Le Club des Jacobins ne pouvait lui refuser sa part d'adulation. Le jeune JuUien, revenu de Rordeaux, et sur le point d y retourner, pour y reprendre le cours de ses épurations sanglantes, s'était chargé de rédiger une adresse des Jacobins à la Convention pour marquer leur adhésion aux doctrines