Mémoires d'un sans-culoUe bas-breton
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encore sous le joii^^ du Comité de Salut public. » L'égoïsmefutcu ellet le seul mobile auquel obéirent les auteurs du coup (fEtat; mais ie pays ne scruta pas l'intention et leur fut reconnaissant du résultat. « Dans cette journée le courage naquit de lacrainte. Les plus près de la mort firent les avances. Gomme la Plaine ne se sentait pas encore sous le couteau, elle se fit longtemps prier. Elle ne se rendit qu'au succès, et lorsqu'il ne fut plus permis d'en douter^ . » L'arrêt de la Terreur fut si peu le résultat de l'entente des membres de la Convention qu'il vint plutôt du défaut d'accord des partis. L'Assemblée s'était ralliée autour de ïallien pour un moment, pour un acte, mais les vainqueurs venaient de points trop différents pour que, sur l'heure, une politique déterminée pût être adoptée et trouver sa majorité. Pendant cette sorte d'interrègne, ou, si l'on préfère, cette sorte d'anarchie parlementaire, l'opinion qui, la veille, languissait dans le découragement et la soumission la plus morne, se déclara avec une puissance et une force inespérées contre les sanglants procédés des vaincus. La presse osa parler sans attendre qu'on le lui permît, et accéléra le mouvement d'indignation si longtemps comprimé. Au bout de deux jours, la Convention, étonnée du chemin que les esprits avaient fait si rapidement, comprenait déjà le danger pour elle de maintenir la guillotine comme moyen de gouvernement. Ce réveil d'énergie était une force à laquelle elle sentit qu'il serait imprudent de résister en face. Les représentants, qui étaient revenus de leurs