Aulard, la Réaction thermidorienne^ p
La Mise en accusation 36i
nùlcTOiil rien à ['('nergie des iiiesurcs que la justice doit prendre contre des coupables. En attendant, le Tribunal a congédié quatre-vingt-seize témoins, regardés comme inutiles à Téclaircissenient de raffaire. Lecliantre^ a le bonheur d'être de ce nombre, et par consé([uent de s'en l'etonrner quand il le voudra. Il a reçu sept cent vingt livres, savoir : quatre cent vingt pour ses frais de ronte, et trois cents pour trente jonrs de présence an Tribunal .
A la séance du 28 brumaire (18 novembre), le président donna lecture d'une lettre de Carrier par laquelle il demandait :
V Le délai d'une décade pour méditer sa défense; 2° la communication du rapport imprimé dé la Commission des Vin^t et un; 3° communication par l'accusateur public des copies et des originaux des minutes de Phelippes-Tronjolly. Ces pièces étaient les ordres donnés à ce dernier, d'exécuter sans jugement, une fois, vingt-quatre et, l'autre fois, vingt-sept brigands.
La Convention passa à l'ordre du jour sur la première demande et accorda les deux autres 2.
Au cours de la séance du 1*"" frimaire (21 novembre), le président, qui était Legendre, communiqua à l'Assemblée une lettre du Comité de Sûreté générale, par laquelle il la priait de fixer le moment de la comparution de Carrier. Plusieurs voix crièrent : A l'instant ! La question fut posée de savoir
1. Lechantre était un honorable négociant de Nantes, qui, en qualité de membre de la garde nationale, avait dû escorter les victimes de la noyade du Boufl'ay {Bulletin du Tribunal révolutionnaire. VII, p. 314; .