Journal des Loin, des 19 et 20 brumaire an
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aux gendarmes qui le gardaient, l'empêchaient d'avoir un secrétaire et de recevoir les visites de ses amis. La Convention l'autorisa de suite à prendre un secrétaire, et à recevoir ses amis en présence de ses quatre gendarmes^.
Ce fut sans doute pour bien affirmer son droit à recevoir ses amis que Carrier aurait, selon une anecdote qui courut dans Paris, invité à diner à la fois vingt-cinq personnes, dont la présence alarma les quatre gendarmes. Pour parer à toute tentative d'évasion, ceux-ci envoyèrent l'un deux chercher du renfort, et les vingt-cinq convives dînèrent sous la surveillance d'autant de gendarmes. Le public apprit ainsi que l'infortune n'avait pas fait le vide autour du prisonnier et qu'il avait encore des amis.
Les délais de la mise en accusation de Carrier causaient une vive impatience aux habitants de Nantes appelés à Paris pour déposer. « Nous attendons toujours, écrivait Minée, le 14 brumaire, nous avons la vie la plus ennuyeuse » ; et Laënnec, quelques jours plus tard : « Nous séchons sur pied pour voir arriver, au Tribunal, le grand instrument des malheurs de notre ville. Il faut le temps d'imprimer les pièces, et ce ne sera que trois jours après la distribution qu'il comparaîtra à la barre, et qu'il pourra être mis en état d'accusation. Ces formes sont un peu trop favorables au jeu d'intrigues que ses partisans font mouvoir pour le sauver. Il n'en fallut pas tant, l'année dernière, pour envoyer à la mort un grand nombre de ses collègues. Il faut espérer cependant que ces lenteurs