‹ J.-B. CarrierChapitre 159 sur 207 · LA MISE EN ACCUSATION · texte numérisé non relu

LA MISE EN ACCUSATION

11 y on a eu à Saiimiir pL à Angers exociitéos sous les yeux tie rcpreseiitaiils en mission. Il ne les reproche i)as à ses collègues. Ils ont cru servir ainsi la République, nuiis [)()urquoi lui seul est-il inculpé à ce sujet? En le poursuivant, la Convention se fait à elh^-ménie son procès.

Ces derniers arguments étaient puissants et vrais. Leur seul défaut étaitde porter juste; ils ne pouvaient qu'indisposer contre (Carrier des juges obstinés à prétendre qu'ils n'avaient connu que tardivement ces excès, et qu'ils ne les avaient jamais autorisés.

H rappela, dans sa péroraison, si on peut ainsi qualifier la dernière partie d'un discours décousu et sans ordre, que, dans sa mission de dix mois, il n'avait dépensé que trente-deux mille livres; qu'il avait fortilié Angers, préparé le tombeau des Vendéens à Savenay, et qu'on lui devait la prise de Noirmoutier. Quand il quitta Nantes, on ne parlait plus de la guerre de Vendée, et cette guerre n"a recommencé que depuis son retour à la (Convention. Comme repoussoir destiné à atténuer l'horreur de ses cruautés, il rej)ro(luisit tous les récits qui couraient alors sur celles des Vendéens. Invité à se résumer, il parla de la ciguë de Socrate, du poignard de Brutus, de l'échafaud de Sidney, de l'épée de Caton et aussi de Calas injustement poursuivi comme lui. A un certain moment il gesticula d'une façon si furieuse qu'il envoya la bougie à l'autre bout de la salle ^

« Je le vois encore à la tribune, raconte Tissot-,

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