Dugast-Matifeux, Bibliographie révolutionnaire^ n
r.A MISI-: EN ACCUSATION 365
lade, ce {|Lii doiuia lieu à (|U('lqiie.s réllexions sévères do plusieurs députés, entre autres celle-ci de ( 'igo^iie : « Je suis convaincu que Carrier est malade; mais savez-vous quelle est la maladie qui le loui'mente, c'est la conviction de ses crimes. » A ce moment Legendre quitta le fauteuil et alla h la tribune. «Je demande^ à prouver, dit-il, que Ton veut sauver Carrier... Il est démontré pour moi que ceux qui ont voulu lui faire aux Jacobins un rempart de leurs corps, sont encore ici pour le sauver. [Vifs applaudissements.) La discussion qu'on a élevée hier est partie de ce côté [en montrant F extrême gauche ; on applandit) ; on a demandé des preuves matérielles, eh bien, si vous envoûtez, faites refluer la Loire à Paris, etc. Il ne faut pas que la Convention se laisse mener... La prétendue maladie de Carrier ne peut pas empêcher de le juger ; jetez les yeux sur le calendrier ; comptez les jours qu'il a demeuré à Nantes, et vous aurez compté le nombre de ses crimes... Je demande qu'il soit sommé de se rendre dans le sein de la Convention, et que, s'il n'y vient pas, on procède à l'appel nominal. » Peu après un huissier, qui avait été envoyé chez Carrier, revint et dit qu'il s'habillait et allait arriver. Carrier fit son entrée au milieu du silence le plus complet'.
Les détails que je viens de donner sur la physionomie de ces séances dépassent de beaucoup en intérêt la plaidorie de Carrier, qui consista surtout en dénégations effrontées et que je renonce à ana-
1. Réimpression du Moniteur, XXII, 577. — Mercure français du 5 frimaire, p. 32.
lyser. Jamais orateur ne prononça autant de paroles pour ne rien dire d'utile à sa cause.
Ses arguments principaux, qui étaient loin d'être décisifs, mais qui étaient à leur place dans sa défense, se résument à ceux-ci :
Phelippes, dans ses Mémoires^ n'a accusé que le Comité révolutionnaire et ne lui a fait à lui que de légers reproches; d'ailleurs Phelippes serait mal venu à Taccuser, puisque, depuis son rappel de Nantes, il lui a écrit une lettre dans laquelle il lui témoigne son amitié.
Bô et Bourbotte, venus à Nantes après lui, ont reconnu que, si tout le monde, à Nantes, accusait le Comité de cruauté, pas une plainte ne s'était produite contre lui.
Sa mission de Normandie, quoique longue et difficile, ne lui a pas attiré le moindre reproche.
Arrivé à Nantes le 10 octobre 1793, il a cessé pendant un mois de l'habiter. Cette assertion était un mensonge que réfutaient les dates de ses arrêtés datés de Nantes.
Il cite une lettre de GouUin dans laquelle il était question de bateaux; le Comité a outré ses ordres. 11 est constant d'ailleurs que le Comité a payé des bateaux à Lamberty.
On lui reproche des fusillades. La Convention n'ignore pas que, trois mois avant son arrivée en Vendée, on ne faisait plus de prisonniers. La lecture des lettres annonçant des fusillades de brigands était toujours interrompue par les applaudissements de l'Assemblée, et notamment sa propre lettre du 30 frimaire an IL
Il n'y a pas eu des noyades seulement à Nantes.