Journal des Lois du 27 frimaire an III, p. 1 et
2. M. le c.omte Fleury, dans Carrier à Nantes, donne le texte du jugement. Voir aussi le Moniteur au 10 nivôse an III {Réimpression, XX1II,74). — Quelques journaux, et, notamment, le Courrier universel du 27 frimaire, et l'Orateur du peuple du 3 nivôse, p. 399, ont donné les votes des jurés (Voir aussi la lettre des jurés Rambour, Dubuisson et Guichaud-Lyon. Journal des Lois, du l*' nivôse). En ce qui concerne Carrier, Pinart et Grandmaison, unanimité sur le fait, et unanimité moins un sur l'intention criminelle. Pour les autres, sauf pour deux faits secondaires reprochés à Goullin, à l'unaniniité les jurés les reconnurent convaincus des faits dont ils étaient accusés. Sur la question intentionnelle, neuf, sur quatorze, accordèrent le bénéfice de l'intention à Goullin; onze à Chaux, à Forget, à Foucaud, à Robin, à Durassier, à Ducoux; sept seulement à Dhéron, le coupeur d'oreilles. Une voix de moins et il partageait le sort de Carrier. Tous les autres furent à l'unanimité déchargés par le jury sur le fait de l'intention criminelle et contre-révolutionnaire. Voir aussi dans l'Orateur du peuple du 13 nivôse, p. 430, des déclarations très sensées sur le verdict qui avait condamné Grandmaison et acquitté Robin.
fédéralistes était un mérite sutTisant pour effacer les crimes les plus avérés, exprima sa satisfaction en ces termes, qui étaient, pour les témoins, un outrage véritable :
u Le Tribunal vient de remplir un devoir bien pénible. Il vient de donner à la France un grand exemple. Soixante jours ont été consacrés à examiner une affaire qui fera époque dans Thistoire. Notre bumanité a eu à souffrir, mais c'est à son poste que le magistrat sertsa patrie. On ne vous a attribué que des crimes, on n'a trouvé que des erreurs. » Les accusés sont descendus de leurs sièges, et le président les a embrassés en leur donnant à chacun des conseils K »
D'après le procès-verbal d'audience, reproduit par M. Wallon, Dobsent aurait ajouté : <( Allez jouir des embrassements de vos familles et de vos amis, et, après l'effusion de ces premiers sentiments, employez bien cette li berté qui va vous être restituée, après la pénible épreuve que vous venez d'essayer; livrez-vous tout entier au service de la République. Que votre attachement pour elle fasse oublier les moments d'erreurs, où sans doute un zèle mal dirigé vous avait entraînés. Souvenez-vous, surtout, que des républicains doivent oublier toute haine particulière, tout désir de vengeance, toute passion, pour ne s'occuper, en s'unissant étroitement, que de concourir au bonheur de la patrie 2. »
« Lorsque les membres du Comité révolutionnaire descendirent le grand escalier du palais, après le jugement qui venait de sanctionner leurs forfaits,