‹ J.-B. CarrierChapitre 181 sur 207 · Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, VI · texte numérisé non relu

Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, VI

un vit, d'un cuto, co groupe, entouré d'uue bande (riioninies j)Ales à cheveux plats, membres des anciens Comités révolutionnaires, et jacobins renforcés, cla(juant des mains et criant à tue-tète : « Bravo! IJravissimo ! » Autour, et au milieu d'eux, étaient une légion de mégères jacîobines, tendant les bras et le col, se trémoussant, s'approcbant, embrassant et baisant à Tenvi le livide et mielleux Bachelier, l'élancé et astucieux Goullin, le garotteur et sale .lolly, le lubrique Perrochaud, le coupeur d'oreilles Dhéron, le saigneur Robin, et le reste de la bande anthropophage. »

« Plus loin étaient des milliers de citoyens, dans une morne stupeur, et laissant échapper des mots entrecoupés par leurs soupirs. Les dépopulateurs, les mangeurs d'hommes, vont donc être mis en liberté; les rivières rouleront donc encore des cadavres. Ces accents allument la rage des gorgones jacobines. « Tîiisez-vous, disent-elles, buveurs de sang, et respectez le jugement dont la sagesse eiïace celui de Salomon. » Et le cortège accompagne triomphalement les assassins chez le restaurateur Méot au Palais-Egalité^.»

L'usage d'exécuter les condamnés le jour même du jugement réduisait leur dernier jour à la durée d'un coui't après-midi. Tandis que les acquittés, réunis dans un festin, célébraient le verre en main leur mise en liberté, Carrier, Pinart et Grandmaison attendaient avec anxiété, à la Conciergerie, l'heure prochaine oi^i ils seraient appeh's au gretVe, pour être conduits au supplice.

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