Journal des Lois, du 18 brumaire an 111, p
Claires, et conduira, de cette maison à celle de TEperonnicre, tous les individus indiqués dans la liste ci-jointe ; enlin, pour le tout arrivé à l'Eperonnière, prendre, en outre, ceux des détenus de cette maison d'arrêt, et les fusiller tous indistinctement de la manière que le commandant le jugera convenable.
«. Nantes, ce 15 frimaire an II.
u Sign/' : Gkandmaison, Golllin, J. B. Maingueï^ »
Forget et les membres du Comité révolutionnaire ont beaucoup parlé et écrit ponr essayer d'établir que cet ordre n'avait été que le résumé de la décision prise par rassemblée tout entière-. Il se peut qu'il ait eu l'unanimité du Comité; mais, en pareille matière, la responsabilité ne doit incomber qu'à ceux qui l'ont acceptée en apposant leurs signatures.
Robin a reconnu être allé, avec un nommé Gauthier, couvreur, membre de la Compagnie Marat, porter cet ordre et les listes au commandant Boivin sur les six heures du matin. Il ajouta,
2. En faveur de la thèse des membres du Comité, voir Bachelier, Mémoire pour les acquittés, note de la page 16; Chaux au peuple français, p. 20; Goullin, Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, n" 100, p. 397.
Protestations des administrateurs : Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, p. 329, et VI, 97, p. 397. 11 y a dans le Bulletin des erreurs de pagination qui obligent, pour certains renvois, de mentionner à la fois les numéros et les pages.
Forget, convaincu d'avoir assisté à la séance secrète du Comité {Courrier universel du 16 frimaire an III) a nié plus tard le fait dans le Forget au lecteur iuipartial, et soutenu, page 11, qu'il avait quitté la séance en môme temps que les membres des administrations.
LES HÉSITATIONS DE CARRIER iOO
dans sa do})osilion, ([iiil rlail all('' inloriner Carrior, qui parut élonïié(lelacli()sc,etqui lui dit que l'ordre ne serait pas exécuté. Mais on sait que Uobiu était l'ami le |)lus dévoué de (Carrier, et qu(^ presque toutes ses déclarations lui sont favorables ^
Un détail qui pcMut bien le caractère des hommes aux mains des([uels était tombée Tautoriti', a été révélé par GouUin dans une des dernières séances du procès. (( Forget, dit-il, n'est pas le seul qui en ait imposé. Renard ~ a menti, lorsqu'il vous a dit qu'il s'était retiré à deux heures, et j'ai la preuve matérielle qu'il a déjeimé et bu du gloria sur la place des Gracqoes, ci-devant Saint-Piei're, avec Robin et Mainguet, après que Robin eut porté l'ordre à Boivin'^ » Ainsi un grand massacre se préparait à Nantes, et le premier magistrat de la ville finissait, insouciant, cette horrible nuit, attablé dans une auberge, en buvant du gloria!
Heureusement le général Boivin refusa d'exécuter l'ordre de fusillade. Boivin était un homme de peu d'instruction; il était entré comme simple dragon dans le régiment du roi, et il y avait servi huit ans sans obtenir le moindre grade. 11 s'était fait ensuite ouvrier ciseleur, et, en 1792, s'était enrôlé dans un régiment de volontaires, oii son intelligence, son courage, et d'heureuses circonstances,