Eod., VI
usa et abusa. On y avait d'abord, avant l'arrivée de Carrier, envoyé des malades des autres prisons, pour les isoler et empêcher la contagion de se propager; mais quand cette prison fut devenue, grâce aux envois ordonnés par Carrier, à elle seule plus peuplée que toutes les autres réunies, la contagion du typhus y exerça des ravages proportionnés au chiftre de sa population. Le nombre des entrants et des sortants y avait été de suite si considérable qu'on avait dû, ainsi que je Tai déjà dit, renoncer à les inscrire et même à les compter. La situation alors excentrique de l'Entrepôt, au coin des rues Lamoricière et Dobrée actuelles, à quelques centaines de mètres du port, et sur le chemin peu fréquenté qui menait aux carrières de Gigant'^, facilitait singulièrement aussi les extractions de prisonniers. De là on pouvait les conduire, à l'abri des regards du public, soit aux quais de la Fosse pour être embarqués en vue de la noyade, soit aux carrières de Gigant pour être fusillés. Cette situation facilita même si bien les extractions qu'un jour arriva où tous les prisonniers enfermés à l'Entrepôt avaient disparu jusqu'au dernier.
Soit que les prêtres d'Angers eussent été logés à l'Entrepôt à leur arrivée, soit qu'ils y eussent été transférés en vue de la noyade, ils n'en avaient pas moins péri dans les flots au nombre de cinquante-trois^. Carrier se hâta, dès le lendemain,