Réimpression du Moniteur^ XVIIl
3. Bachelier dit dans ses notes manuscrites (et Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, 236) que ce repas eut lieu le lendemain de la noyade des prêtres ; mais la présence à Nantes du général Hector, le jour de ce repas, me fait croire qu'il eut lieu à la fin de frimaire.
convives; eL lo menu diwait être soigné, si l'on en juge par la noie du repas. Celte note, qui s'élevait à 3()4 livres, ne fut probaMenienl jamais payée, car elle était encore due. Tannée suivante, au traiteur Gautliier'. Lamherty était assis à la droite de Carrier et Lalouet à sa gauche. O'Sullivan, Fouquet, Robin étaient du nombre des convives. Le repas fut très gai, et Lamberly anima beaucoup la Société en contant qu'au moment oh s'abimait dans l'eau le bateau qui contenait les prêtres, il leur avait cri(' : «Ah! b... Voilà le moment! Faites miracle"^! » Aussi Carrier proclama-t-il Lamberty le révolutionnaire le plus accompli qu'il eût jamais connu •'^. I^a découverte de quelques ornements d'église, que de bonnes âmes avaient procurés aux prêtres et qui avaient été cachés par eux, de peur qu'ils ne leur fussent enlevés, donna l'idée à plusieurs convives de se travestir, et l'orgie s'agrémenta de profanations sacrilèges. Carrier, devant le Tribunal révolutionnaire, prétendit n'avoir conservé aucun souvenir de sa présence à ce repas, et soutint même n'y avoir pas assisté; mais il ne put maintenir son dire devant cette exclamation de Robin : « Tu étais sur la galiote, et, après le diner, tu me dis : Petit révolutionnaire, petit b... chante la Gamellr^ et je la chantait » Le général Hector Legros, dit le général aux cheveux rouges, qui était, cejour-
1. Journal des Lois, de Galetti, numéro du H frimaire an lïl.