‹ J.-B. CarrierChapitre 71 sur 207 · LES (IR ANDES EXÉCUTIONS · texte numérisé non relu

LES (IR ANDES EXÉCUTIONS

eut SOUS les yeux le spectacle d'une foule de fossoyeurs rangés le long de la rivière, et qui n'étaient occupés qu'à enterrer des monceaux de cadavres^ ». Favreau, directeur général de l'artillerie îi, Paris, qui habitait Indret pendant la mission de Carrier, (» a vu les bords de la Loire et la rivière chargée de cadavres, parmi lesquels il y avait beaucoup d'hommes et de femmes tout nus'" ». Le nombre d'une vingtaine de noyades a été donné à diverses reprises, comme celui qui se rapprochait le plus de la vérité, et l'accusateur public a pu dire, sans être contredit : « Suivant le sixième chef, Carrier est accusé d'avoir ordonné ou toléré les noyades que les débats ont portées au chillre de vingt-trois. Les preuves, comme vous vous le rappelerez, citoyens jurés, fourmillent de toutes parts sur ce chef^. »

Ces noyades ont eu lieu au moyen de chalands, ou sapines. On y pratiquait des trous, que l'on bouchait au moyen de planches légères, et qu'on enlevait au moment où le bateau était arrivé à l'endroit désigné pour sa submersion. « 11 fallait un chaland pour chaque noyade^. » Une au moins de ces noyades fit périr à la fois environ huit cents individus, hommes et femmes"'.

Il y eut aussi des noyades de prisonniers jetés à l'eau un à un du bord des chaloupes. Un jour qu'il n'y avait pas assez d'eau pour les faire périr, on

Page 1