‹ J.-B. CarrierChapitre 76 sur 207 · La Justice révolutionnaire, Levy, 1870, p · texte numérisé non relu

La Justice révolutionnaire, Levy, 1870, p

Lt<:s GRANDES KXÉCUTIONS 1G7

J'ai, dans In^ Noyades do Nantes ^, reproduit de nombreux témoignages, empruntes aux divers comptes rendus du procès, qui, maigre quelques divergences sur le nombre des enfants, et sur la date du fait, autoriseraient à dire que les enfants, enfermés à l'Entrepôt, ont péri dans la Loire. Dans le doute, je m'abstenais de conclure. Quelques écrits contemporains des jours mêmes et d'une authenticité certaine, dont j'ai récemment pris connaissance, ont détruit tous mes doutes. Ces pièces sont : 1" une copie, signée par Even, agent de la marine et. écrite par lui, de la déposition d'un nommé Moutier, forgeron, dans laquelle il reconnaît que Carrier l'a menacé de le faire guillotiner pour avoir voulu sauver ces enfants ; 2° une lettre de Dumais, gardien de l'Entrepôt, mort peu après victime de son séjour dans cette maison. Cette lettre, en date du 15 pluviôse (3 février), adressée aux membres de la Commission militaire, c'est-à-dire à Bignon et à David-Vaugeois, commence ainsi : « Tous les enfants de l'Entrepôt ont été enlevés, ainsi que toutes les femmes, dont environ une douzaine n'ont point paru devant vous ; tous ces individus ont été conduits dans un bateau-^. »

Le nombre des noyés restera toujours aussi incertain que celui des fusillés. Ce qu'on peut affirmer, c'est qu'à l'exception de quelques unités tous les prisonniers amenés à Nantes, au nombre d'environ huit à dix mille, y sont morts de misère ou ont été guillotinés, ou noyés, ou fusillés. Nous avons sur

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