‹ J.-B. CarrierChapitre 8 sur 207 · Numéro du 29 brumaire an ill, p · texte numérisé non relu

Numéro du 29 brumaire an ill, p

CARRIER A LA r.ONVENTION 17

encore son ref^ard plus ad'reux; son teint (^st d'un brun cuivre; il est maigre et nerveux, et la protubérance de ses hanches, jointe au défaut de ventre, le fait paraître coupé en deux comme une guêpe. L'aigreur de sa voix est rendue plus sensible encore par l'accent méridional. Quand il est à la tribune et un peu animé, il semble tirer son discours de ses entrailles déchirées, prononçant lesR comme un tigre qui gronde. Son physique est l'expression fidèle de son caractère ^.)) Un vieillard m'a confirmé ce dernier trait. Il me disait tenir de son père, qui avait entendu Carrier à la Société populaire de Nantes, que le souvenir le plus vivace qu'il eût conservé de lui était cette façon de prononcer les R.

Sans être orateur, et moins encore écrivain, Carrier était capable de s'exprimer clairement à la tribune ou dans un rapport. C'est sa mission à Nantes qui, seule, l'a rendu célèbre. S'il était resté sur les bancs de la Convention, il serait aujourd'hui aussi inconnu que plusieurs centaines de ses collègues, et diverses motions, des plus accentuées dans le sens révolutionnaire, ne l'auraient point tiré de son obscurité.

Jusqu'au procès du roi, il avait gardé le silence. Au premier appel nominal, il n'avait pas motivé son avis sur la question de culpabilité, et s'était contenté de répondre affirmativement. Lors du vote relatif à l'appel au peuple, il avait émis cette opinion aussi sotte que prétentieuse : « Comme je ne crains rien, pas môme les intrigants; comme,

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