‹ J.-B. CarrierChapitre 9 sur 207 · L'Orateur du peuple, numéro du 25 brumaire an HT, p · texte numérisé non relu

L'Orateur du peuple, numéro du 25 brumaire an HT, p

s'il se présente jamais un tyran, sous quelque dénomination que ce puisse être, je ne me mettrai pas dans mon lit, et je ne donnerai pas mon arme à mon camarade, je dis : Non. » Sur la peine, il avait opiné ainsi : « Les preuves que j'ai sous les yeux démontrent que Louis est un conspirateur; je le condamne à mort^. »

A la séance du 21 janvier 1793, son humeur soupçonneuse se révéla par une dénonciation contre un de ses collègues dé députation, Thibault, évoque du Cantal. La dénonciation était futile, et aucune suite n'y fut donnée^.

Le 9 mars, il fut plus heureux, et, ce jour-là, il s'inscrivit au rang des législateurs qui portèrent à la justice de leur pays la plus grave atteinte qu'elle ait jamais reçue. Il avait proposé l'établissement d'un tribunal criminel extraordinaire, pour juger, sans appel et sans recours en cassation, les traîtres et les contre-révolutionnaires. Son projet ne fut pas accepté par l'Assemblée tel qu'il l'avait présenté, mais il fut repris par Levasseur, et, après avoir été modifié, il devint le décret qui institua le Tribunal révolutionnaire de Paris -^j décret dont se prévalurent plus tard les représentants en mission, pour dicter, dans les provinces, à des magistrats choisis par eux, les sentences les plus iniques et les plus cruelles.

Ce fut aussi sur sa proposition, développée par Boyer-Fonfrède, le 6 avril 1793, que Philippe-Egalité et Sillery furent mis en état d'arrestation.

Page 1