‹ J.-B. CarrierChapitre 85 sur 207 · LES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

LES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES

germanique, qui se faisait suivre de plus de quaire cents femnu^s'. {Malgré l'épuration, le corps avait conservé quelques suisses, qui passèrent à l'armée royale, et y servirent avec dévouement. Les soldats de cette légion, venus à Nantes à la suite de Westermaun, étaient ce qu'il y avait de pire dans le mauvais. Us se prêtèrent volontiers au rôle de bourreaux et, comme leur ignorance de la langue française les rendait sourds à toutes les supplications, c'est à eux surtout que fut confiée la corvée des fusillades*^.

On constate, à Nantes, l'existence d'un corps intitulé hussards cmicricains dès avant l'époque de l'insurrection vendéenne. Beysser l'employa dans quelques-unes de ses expéditions au cours de l'année 1793 ^, et on le retrouve établi à Nantes peu après l'arrivée de Carrier. Je n'ai pu déterminer si ces hussards américains se rattachaient, par un lien quelconque, à la légion américaine, composée, elle aussi, de hussards nègres, qui avait été levée, en 1792, par le mulâtre Saint-George, ancien mousquetaire, auteur d'opéras et célèbre par son talent à l'escrime. Cette légion avait combattu avec honneur en Belgique, sous les ordres de Dumouriez^. Il avait été question de l'envoyer plus tard à Saint-Domingue. Toutefois les nègres et mulâtres qui la composaient, par crainte d'être mal vus dans cette colonie à raison de leur couleur, avaient demandé à rester en France, et on

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