Savary, Guerres des Vendéens el des C/iouans
2. Registre d'écrou de Boulï'ay, f° 99; déposition de Thomas Bûchez, Histoire par lemenl aire, XXXIV, p. 169.
3. In-4° de 6 p. Nantes, Guimar,an II. — Dugast-Matifeux, Biblingraphie révolutionnaire^ n" 78.
LES armi^:es révolutionnaires 183
employé tous les moyens et que, s'il a accordé
des passeports à ((uelques brigands, ce n'a été que pour engager un plus grand nombre à se rendre; que, déjà même, il a fait arrêter tous ceux à qui il avait délivré des passeports, lève l'airestation contre le citoyen Moulin; lui accorde sa pleine et entière liberté; lui enjoint de se rendre sur-le-champ, à son poste, à Saint-Florent'. »
Le général Moulin ne survécut pas longtemps; il se suicida peu après, pour ne pas tomber vivant, dit Savary, aux mains des rebelles. Il avait bien en eil'et quelques raisons de ne pas compter sur leur indulgence.
Sans parler des généraux qui furent guillotinés, pour avoir été trahis par la fortune ou desservis par la jalousie, il faut avouer, et Moulin en est un exemple, que la République faisait parfois payer bien cher l'honneur de commander ses armées. Tel était pourtant le prestige des commissaires de la Convention, que l'on pourrait citei' des lettres du ton le plus amical, écrites à Carrier par Kléber et par Marceau-.
A propos des rapports de Carrier avec l'armée, je ne saurais omettre de dire ici quelques mots de deux corps qui furent casernes à Nantes durant le séjour de ce représentant et qui auraient été, selon certains auteurs, au premier rang des agents de ses cruautés. Je veux parler d'un détachement de la légion germanique et de la cornj)agnie des hussards
1. Savary, Guen^es^ 111, 166; VOraleur du peuple, du 28 vendémiaire an 111, p. 140.
2. Noël Parfait, le Général Marceau, lettre du 29 nivôse an II.
américains. A mon avis, on a exagéré l'intimité des rapports de Carrier avec ces deux corps. Le détachement delà légion germanique travailla surtout pour le service de la Commission militaire, et les hussards américains lirent leurs expéditions dans les campagnes du département, sous la direction de Pinart, qui était officiellement l'un des commissaires du Comité révolutionnaire. Carrier, je l'ai déjà dit, n'avait guère d'intimité qu'avec les gens de la bande de Lamberty, et ceux-ci requéraient, selon leur fantaisie, dans la compagnie Marat ou ailleurs, les agents dont ils avaient besoin.
La légion germanique avait étéraccolée, par la Commune de Paris, dans les jours qui suivirent le 10 août, parmi les réfugiés allemands ou hollandais. C'était une troupe légère composée d'environ trois mille hommes. Le commandement en avait été confié à WestermannL On y avait fait entrer une centaine de gardes suisses, dont leurs camarades ne purent s'accommoder et qu'ils dénoncèrent comme coupables d'incivisme'-. Les représentants en mission à Tours furent chargés d'épurer le corps, avec ordre de n'y laisser que de véritables sans-culottes'^ et ils y réussirent si bien que, peu après. Minier, l'un des commissaires de la Commune de Paris, revenant de Vendée, appelait l'attention de cette administration sur les débauches et les excès de tout genre de la légion
1. Décret du 5 septembre 1792 [Réiinpression du Moniteur, XIll, 627),— Mortimer-Ternaux, Histoire de la Terreur, VIII, 172.
2. Commune de Paris, îj novembre 1792, Convention 5 mai 1793 [Réimpression du Moniteur, XIV, 403; XVI, 320, 698).