LA SOCIÉTÉ VINCEINT-LA-MONTAGNE
et Carrier le reçut du président... Ce n'est pas tout : après la séance, plusieurs membres s'assemblèrent extraordinairement, et arrêtèrent de nouveau d'envoyer deux députés à Paris pour engager les premiers à ne faire aucune démarclie'. » (^es députés partirent; le jeune Goupilleau, dans une autre lettre à son frère, exprime le très vif désir qu'ils n'arrivent pas à temps pour empêcher les premiers d'agir. Dugast-Matifeux a môme accusé les seconds envoyés, qui avaient accepté, de porter le contre-ordre, d'avoir détruit les registres de la Société populaire, afin de faire disparaître la preuve de leur mission'-'. Si cela est vrai, ils ont parfaitement réussi, car leurs noms sont demeurés inconnus.
Pour braver Carrier, il fallait peut-être un certain courage, quoi qu'on ait pu remarquer dans le cours de ce récit que, toutes les fois qu'il i-encontrait une résistance un peu soutenue, il se calmait et cédait; mais il n'était pas besoin d'être brave pour demander secrètement son rappel, surtout si l'on considère que les patriotes de Nantes ne s'engagèrent dans cette affaire qu'avec l'appui et les encouragements du petit Jullien, venu à Nantes foi't à propos, et dans un moment oii Carrier luimême ne demandait qu'à s'en aller.
On lit, en elYet, sur un des registres du Comité de Salut public : « Il sera proposé à la Convention de faire remplacer Carrier^ qui demande son rappel^ par un autre représentant. Prieur de la Marne sera
1. l'récis dp 1(1 conduite patriotique des ciloyens de Nantes, p. 3!). Lettre du 17 pluviôse an 11.