Extraits des p. 6, 7, 8, \\ et
2. Séance du 12 vendémiaire an III [Iléimpi'esfiinn du Monilein XXII, i:i6).
I). Citation empruntée à /a Vendée puhiole, III, 148.
dp l'érudition, il n'est pas de paradoxe qu'on ne puisse accommoder de façon à le rendre présentable au lecteur. Marat, dans ce travail, apparaît comme l'un des terroristes soudoyés par les royalistes. Ce n'était pas une nouveauté, Marat royaliste date de l'an III. Au milieu do pluviôse de celte année, un certain nombre de citoyens, indignés de voir se continuer la popularité de Marat, avaient brisé dans les théâtres quelques-uns de ses bustes, sans égard pour le décret qui avait l'ait transporter son corps au Panthéon. Ce n'élait encore qu'une atteinte légère à sa mémoire. Pour la déshonorer tout à fait, on eut recours à la ruse, et des journalistes publièrent un ancien projet de constitution signé de lui où il soutenait que le Gouvernement monarchique était le seul qui convenait à la France. Tous les réactionnaires, qui savaient ce que cela voulait dire, crièrent : Vive la République l A ba^ Marat! c est un royaliste. On jeta son buste dans un égoùt, et la Convention rendit un décret qui eut pour effet la translation du corps de Marat au cimetière de Sainte -Geneviève ^
Naguère encore, M. Lockroy, fantaisiste en histoire comme en politique, écrivait :« Les monstres, qui servaient Carrier dans ses fureurs et ses excès, étaient d'anciens royalistes qu'il avait transformés en ultra-révolutionnaires, et mhne des agents royalistes'. Qu'il se soit trouvé des gens pour soutenir une pareille opinion à une époque ori les faits et les mots avaient perdu leur véritable
1. Moniteur de pluviôse an III [Héimpression, t. XXIII, p. 371 et 416). — Beaulieu, Essais historiques, VI, 130.