‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 159 sur 198 · Une Mission en Vendée, Paris, 1893, p. m et vi · texte numérisé non relu

Une Mission en Vendée, Paris, 1893, p. m et vi

signification, cela peut à la rigueur se comprendre; mais la reproduire de notre temps, c'est vraiment trop présumer de l'ignorance et de la crédulité des lecteurs.

Fouché est allé plus loin, il a mis cette théorie en pratique. Ministre de la Police aux approches du 18 brumaire, il frappait les Jacobins gênants, en les accusant de n'être que des royalistes déguisés '.

La veille de son jugement, Carrier, transféré à la Conciergerie, s'écria en y entrant: «Les lâches me sacrifient, mais ils ne tarderont pas a s'en repentir. )) Il a aussi témoigné le regret de ne s'être pas brûlé la cervelle à l'appel nominal, s'étant bien convaincu alors qu'il ne lui restait aucun espoir'. »

Le 7 frimaire (27 novembre), il comparut devant le Tribunal révolutionnaire. Cette date avait quelque chose de fatidique. Il y avait un an, jour pour jour, que les Cent trente-deux Nantais avaient été acheminés sur Paris par son ordre, et c'était par eux qu'il périssait. Sans leurs révélations, il est à peu près certain qu'il n'aurait jamais été inquiété. « Une foule immense, dit le Mercure français^ inondait le Palais de justice et remplissait l'auditoire. »

Les accusés, membres du Comité révolutionnaire de Nantes, leurs agents, et ceux des témoins dont la culpabilité s'était révélée au cours des débats, étaient depuis quelques moments en place

1. Vandal, /e*- Causes directes du 18 brumaire {Revue des Deux Mondes, avril 1900, p. 726).

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