Pièces remises à la Commission des Vingt et in, p
2. Déclaration de J. Barbier, avoué à Blain, détenu au Bouflay^ du 21 messidor an 11, n° 12o bis (Arch. municipO- — Piielippes^ No>/ades, Fusillades, Paris, I5allard, in-8", p. 18. — Déposition, de Jeanne Lavigne, Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, 302.
qui venaient d'arriver d'Angers, et quand Richard, membre de la Compagnie Marat, lui apprit qu'ils étaient à l'Entrepôt, il lui répondit: « Pas tant de mystère; il faut f. .. tous ces b... àFeau'»; et son ordre, purement verbal, fut exécuté dans la nuit du 19 au2U frimaire (9-10 décembre 1793). C'est que, malgré l'étatd'anarchie dans lequel étaient tombées toutes les administrations, il y avait, entre l'Entrepôt et les autres prisons, une certaine dill'érence. Aux Saintes-Claires, au Boullay, au Bon-Pasteur, il y avait des gardiens et des livres d'écrou, et la force de la tradition faisait que ces gardiens exigeaient une décharge de ceux qui se présentaient pour extraire des prisonniers. Il en était autrement à l'Entrepôt, où les prisonniers entraient comme ils en sortaient, sur Tordre d'une autorité quelconque. 11 n'y avait pas de livres d'écrou, par la raison très simple que, pour les tenir, il aurait fallu une troupe innombrable de greffiers ou de gardiens.
L'édifice, auquel on donnait ce nom, était composé de quatre façades de magasins à plusieurs étages qui encadraient une vaste cour formant un carré long, et il était assez vaste, au dire de David- Vaugeois, Taccusateur public de la Commission militaire, pour abriter dix mille personnes-.
Dans un moment où presque tous les couvents, et les autres bâtiments transformés en prisons, regorgeaient de détenus, l'Entrepôt offrait, pour loger les malheureux qu'amenai eut continu elle ment les troupes républicaines, des ressources dont on
1. Déposition de Richard et de Trappe {Bulletin du Tribunal révolulioiinaiie, VI, 315, et VU, 29).