Bulletin du Tribunal révolutionnaire^ VI, 29S
2. Les carrières de Gigant étaient situées au nord de la place Canclaux.
3. Cinquante-neuf prêtres d'Angers, enfermés à la Rossignolerie, avaient été confiés à un gendarme nommé Poitras pour être conduits et embarqués au Port-Ligny, le 9 frimaire an 11 (Emi-
NOYADES DU BOUFFA V ET DES PRÊTRES d'aNGERS 127
20 frimaire, d'en informer la Convention en ces termes : «Mais pourquoi faut-il que cet événement (une victoire remportée sur Gharette) ait été accompagné diiu autre qui n'est pins (riiii (jrnre nouveau; cin(|uante-liuit individus, désignés sons le nom de prêtres réfractaires, sont arrivés d'Angers à Nantes; aussitôt ils ont été enfermés dans un bateau sur la Loire; la nuit dernière, ils ont été engloutis dans cette rivière. Quel torrent révolutionnaire que la Loire' ! » Mercier rapporte, dans son Nouveau Paris, que l'Assemblée couvrit de ses applaudissements immortels la lecture de cette lettre, à la séance du 25 frimaire'-.
Carrier ne put-il pas considérer ces applaudissements comme une approbation? D'ailleurs, la distance de Nantes à Angers n'('tait pas telle qu'il ait pu ignorer les noyades de son collègue en mission en Maine-et-Loire. Quoique moins porté que Carrier à faire parade de ses mesures révolutionnaires, Francastel en ordonnait d'aussi cruelles et d'aussi meurtrières. On a peu parlé des noyades d'Angers, et, pourtant, elles sont aussi certaines que celles de Nantes. «Il y a eu, disent des témoins du procès de Vial, des noyades dans lesquelles périrent,commeàNantes, des femmes etdes enfants'^ » (( Lé fleuve de la Loire, rapporte Bache-
grés, Loire-lnléricurc, '.) messidor an V, f° 120, et 8 nivôse an V, l" 149.) (Arcii. départ.) «Il est de notoriété qu'ils furent noyés à Nantes», porte le certificat transcrit. — Six avaient été noyés en route à la Baumette (Godard-Faultrier, le Champ des Martyrs, p. 110 etlH).