‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 67 sur 198 · Aulard, liecueil des Actes, IX · texte numérisé non relu

Aulard, liecueil des Actes, IX

2. S'il fallait des ordres spéciaux en faveur de la clémence, c'est donc que l'ordre général était l'extermination complète des prisonniers.

LES GRANDES EXÉCUTIOiNS 155

brig^ands, arrivait à Carrier une lettre de Westermann, dans laquelle ce gént'ral lui mandait : (( Enfin les brigands sont aux abois. Ils viennent de toutes parts demander grâce. Je puis les vaincre; mais ne vaudrait-il pas mieux leur accorder une amnistie et, par ce moyen, ménager le sang de braves républicains que nous pourrions employer plus utilement ailleurs. » On avait parfaitement expliqué à Carrier de quoi il s'agissait. La députation était composée des (^orps constitués qui avaient prié Carrier d'en référer à la Convention. r> (iiril no fit pas. Sur cette déposition, le président du tribunal, Dobsent, lit observer que les débats avaient prouvé que ces brigands avaient été fusillés le lendemain^. Le fait de grandes fusillades, ordonnées par Carrier avant l'arrivée de la Commission militaire qui ne commença ses travaux que le 9 nivôse à Nantes est aussi établi par un passage deVHis foire lapidaire de Fournier ainsi conçu : « La garde nationale de cette ville, du 21 au 29 décembre 1793 (l'"-9 nivôse), fournit chaque jour deux bataillons pour les travaux des fortifications, et pour enterrer des cadavres des malheureux que Carrier faisait fusiller-. »

Il est impossible de supputer exactement le nombre de fusillés. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il fut considérable. Si, d'une part, il a pu arriver que certaines exécutions aient été comptées pour deux, à raison d(ï divergences dans le détail des déclarations, il est certain aussi que les listes des Commissions ne peuvent être regardées que

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