Grille, Histoire du halaillon de Maine-et-Loire, III
LES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES i87
sa satisfaction des services rendus, et, considérant que l'extermination des brigands les rendait dorénavant inutiles, prononçait la dissolution de la compagnie ^
Je ne finirais pas si je reproduisais ici toutes les lettres des représentants en mission dans l'Ouest qui parlent de l'extermination des brigands-. Carrier aurait bien voulu faire croire qu'une large part de gloire devait lui revenir dans la prise de Noirmoutier; mais cette gloire, si on peut en apercevoir dans un fait d'armes que ternit l'exécution de douze cents prisonniers en violation d'une capitulation, revient tout entière à Turreau, à Bourbotte et à Prieur de la Marnée Carrier dut se borner à annoncer le fait à la Convention, en l'accompagnant de cette phrase: «Leurs prêtres sauveront-ils les brigands de la mort très prochaine qui les menace tous^? » Les exécutions de Xoirmoutier avaient eu un caractère si odieux que Hentz et Francastel, dans le rapport sur leur mission, trouvèrent opportun d'en rappeler les circonstances, avec l'intention discrète, mais évidente, de faire savoir au public qu'ils n'avaient pas fait pire. « On se rappelle, disaientils, que les brigands qui, à Noirmoutier, mirent bas les armes, quand ils furent vaincus, ne subirent pas moins le supplice réservé aux rebelles. » Ils
1. Conseil général de la Commune de Nantes, f» 106; Registre des arrêtés des représentants, f° 24 (Arch. municip.). Les procèsverbaux des expéditions des Eclaireurs existent encore; ils ne présentent qu'un très mince intérêt.
2. Voir Recueil fie.< actes du Comité' de Salut pulilic, IX, G 45 et 6.59, et passim.
.3. Voir Revue du lias-Poitou, 1896. Les Commissions de Noirmoutier, par A. Lallié.