bulletin du Tiibunal révolutionnaire, VI
Un jour, il ordonne aux citoyens de la ville de déposer, dans un lieu indiqué, tout le son qu'ils peuvent avoir, menaçant, dans son arrêté, de faire raser les maisons de ceux qui n'obéiraient pas à cette réquisition dans le délai de vingt-quatre heures. Huit jours s'écoulèrent avant que le local désigné se trouvât prêt et que des employés fussent nommés pour faire la réception de la marchandise.
Les faits de cette nature fourmillent, ajoutent le's auteurs de ï Adresse à laquelle ce fait est emprunté'.
Le 11 pluviôse (30 janvier 1794), il réclame de la Municipalité, dans les vingt-quatre heures, Tétat de la population de la ville, qu'il avait, disait-il, demandé déjà, avec menace de mesures de rigueur en cas de retard 2.
Les autres arrêtés, dont les conséquences furent plus fâcheuses, concernaient le commerce.
La loi du maximun continuait de produire ses efl'ets naturels eu détournant les gens de la campagne d'apporter leurs denrées aux marchés, et en intéressant les détenteurs de la ville à les dissimuler aux yeux du public. Avec ses vues bornées. Carrier ne pouvait admettre que la loi du maximum, ([ui était une loi révolutionnaire, ne fut pas bienfaisante ; et, prétendant que l'accaparement pouvait seul causer la disette, il imagina de faire arrêter tous les intermédiaires du commerce dont la profession contribuait le plus utilement à l'ap-
1. Adresse à In Convenlioti, rUi 91)rumaii'e an III, signée de Melliiietelde deux cent trente-cinq autres citoyens de Nantes. Nantes, Hérault, imp. p. 5.