‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 98 sur 198 · Pièces remises à lu Commission des Vingt el Un. j · texte numérisé non relu

Pièces remises à lu Commission des Vingt el Un. j

nous n'avons sur cotte scène d'autres affirmations que la sienne, répondit avec beaucoup de courage qu'il demandait des témoins pour s'expliquer devant eux, et qu'il était prêt à le faire sur la place publique, mais qu'il était faux qu'il eût parlé de décacheter ses lettres. Carrier répliqua par une bordée de jurements grossiers, puis, s'amadouant tout à coup, exprima à Champenois le désir de se faire de lui un ami. Celui-ci « rompit brusquement avec le serpent dangereux et se retira^ ».

Dans la journée, 13 pluviôse (1"' février), le maire Renard convoqua le Conseil général de la Commune. Neuf officiers municipaux et sept notables seulement avaient répondu à son appel. Champenois déposa^urle bureau l'ordre de Carrier et donna de longs détails sur l'entrevue qu'il avait eue le matin avec lui. Aux reproches que Carrier lui avait adressés d'être l'ami de Pitt, et d'avoir demandé son rappel, il dit avoir répondu que rien n'était plus faux, et que, ni lui, ni d'autres, n'avaient demandé son rappel, mais qu'il avait, à la vérité, appuyé la motion qu'un autre représentant fût demandé pour l'aider.

Le Conseil, dans une suite de considérants, exprima le regret que Carrier fût mal entouré, et, affirmant que Champenois avait toujours manifesté les sentiments d'un vrai sans-culotte, il arrêta que Carrier serait prié de donner des explications, et

\. Projet de lettre de Champenois au Moniteur, Dugast-Matifeux, Précis de la Conduite patriotique des citoyens de Nantes. Vier, Nantes, p. 30 — Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, 303.

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