CAKRIER MIS EN ÉTAT D ARRESTATION
pour venir déposer. « Remarquez, ajouta-t-il, la liaison qui existe entre les avis donnés à la police et au Comité de Sûreté générale, et la conduite de cet inspecteur de police... Au moment où Carrier a été arrêté, il y avait, dans l'endroit, des hommes apostés pour Taccabler d'injures... Fixons les yeux sur ces hommes qui accusent les Jacobins de vouloir dissoudre la Convention, et voyons si ce ne sont pas eux qui veulent, au contraire, cette dissolution, en soulevant Topinion... L'attaque a été préparée du côté de nos ennemis par des insinuations perfides contre les Jacobins; il s'aj^it de nous défendre avec énergie. Je demande que le tableau des horreurs qui se sont continuellement commises dans la Vendée soit toujours présent à nos yeux. » Deux autres orateurs développèrent ce thème, et répétèrent à peu près les récits insérés par Carrier dans ses Rapports,
Billaud-Varennes parla ensuite et dit qu'on ne mettait en liberté que des aristocrates. On en veut à la Convention toute entière. Que tous les hommes qui ont combattu pour la Révolution se mettent en mesure pour faire rentrer dans le néant les lâches qui osent l'attaquer. « On accuse les patriotes de f^arder le silence ; mais le lion n'est pas mort quand il sommeille, et, à son réveil, il extermine tous ses ennemis'. »
De soù côté, la presse réactionnaire n'était pas silencieuse. « On rappelle, disait le Mercu're français du 15, les atrocités des brigands, pour atté-
'. Précis de la séance des Jacobins du 13 brumaire an Ul (Réimpression du Moniteur^ XXll, 429 et suiv.) et, surtout, Journal de la Montagne du 15, p. 173 et suiv.
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nuer celles des membres du Comité révolutionnaire de Nantes. On veut faire croire que les témoins ne sont que des brigands, des Vendéens, et des chouans, tandis que toute la ville de Nantes est venue déposer. Cette tactique est connue et usée^ ))
Les rapports de la police constatent une animosité croissante. « Chaque jour, lit-on dans ceux des 15 brumaire et jours suivants, ajoute un nouveau degré d'horreur sur les crimes de Carrier. Hier, son nom a retenti sous les voûtes du Tribunal révolutionnaire. Le public Ta demandé d'une manière impérative. Au Jardin national, les groupes étaient agités, et les disputes pour et contre Carrier étaient vives. 11 y a eu beaucoup de bruit au Tribunal révolutionnaire au sujet de Carrier. Le président a été obligé de se couvrir pour rétablir l'ordre. Aujourd'hui, à ce même Tribunal, un dos accusés, prenant la parole sur le grief, a tenu ce langage : <c Lorsqu'un général prend une ville d'assaut, et qu'il donne Tordre de passer tout au fil de Tépée, est-ce aux soldats qu'il faut reporter la rigueur de cet ordre, ou au général? Le public a beaucoup applaudi. Cri général : « Carrier! Carrier ^î »
En présence de ces impérieuses manifestations, RafFron se fit, de nouveau, l'organe des sentiments du public en demandant à la Convention d'enjoindre à la Commission des Vingt et un, nommée depuis huit jours, de terminer son travail, qui ne pouvait demander tant de temps. « Vous n'avez