‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 115 sur 172 · Schmidt, Tableaux de Paris · texte numérisé non relu

Schmidt, Tableaux de Paris

ÔAhRiEH Mis en état d^arrestation 343

jamais ordonné, dit-il, les horribles crimes qu'on impute à Carrier. Y a-t-il des preuves ou n'y en a-t-il pas? Le travail de la Commission doit se borner à nous le dire; qu'elle nous apporte demain son rapport, dût-elle passer la nuit à le faire. » A la suite de quelques banalités de Bourdon de l'Oise, sur la dignité de l'Assemblée, que trop de hâte pourrait compromettre , la motion de Raffron fut écartée*.

La tête de Carrier devenait ainsi l'enjeu de la lutte engagée entre les Jacobins et ceux qu'on appelait les muscadins ou la jeunesse dorée de Fréron, véritable avant-garde de l'armée de la réaction qui, par son intrépidité et sa façon résolue de manier le gourdin, inspirait à la canaille des rues une crainte révérencieuse. Chaque coup porté à Carrier n'en provoquait pas moins une riposte des Jacobins. Dans la soirée du 17 brumaire c'est Massieu, un prêtre apostat, naguère évêque de rOise, qui signale à l'indignation du Club un article de F Orateur du peuple^ et deux pamphlets intitulés, l'un : On veut sauver Carrier^ peuple^ lève-toi! et l'autre : Les confessions de Carrier. « Les intrigants, dit-il, ne se contentent pas du décret ordonnant d'examiner sa conduite, ils préviennent l'opinion contre un homme qui n'est nullement convaincu d'avoir commis les actes qu'on lui reproche. Ces factieux voudraient s'emparer de la République pour la vendre aux Capets et aux d'Orléans. Attendons avec calme la décision de la Commission des Vingt et un ; laissons les

1. Séance du 17 brumaire an \\\ {Réimpression du Moniteur, \Xl\, 455).

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