‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 132 sur 172 · Journal des Lois du 7 frimaire an ]U · texte numérisé non relu

Journal des Lois du 7 frimaire an ]U

quand les juges arrivèrent. A leur entrée, le silence se fit. A onze heures moins un quart, Carrier parut. A rinstant, malgré les efforts «les huissiers pour commantler le silence, un murmure terrible, un mouvement d'indignation retentit dans la salle. Carrier fut conduit au gradin le plus élevé, vers la partie haute de la salle. 11 s'assit entouré de gendarmes. « 11 était pâle, défait et malade. Goullin et Chaux ont souri. Ils conçoivent des espérances*. »

Dans les lieux publics, la nouvelle de Fincarcération de Carrier avait ramené le calme. Les cris de vengeance et d'indignation avaient cessé dans les groupes. Ses amis éperdus (je continue de copier les appréciations des journaux), redoutant pour eux-mômes le sort de ce fameux coupable, n'osent plus se montrer, et dévorent en silence leur rage et leur désespoir. Avec eux ont disparu ces mégères soldées par les carriéristes et dont les verges ont fait justice.

La veille, dans une note écrite de sa main, adressée au Tribunal, datée de la Conciergerie, et qui se trouve à son dossier. Carrier avait protesté contre son renvoi devant un Tribunal dont la partialité contre lui s'était manifestée au cours des débats du procès du Comité. Dans cette môme note, il avait formelleaieiit récusé les jurés Saulnier, Sambat et Topino-Lebrun, amis de Héal, de Fréron et de Tallien, les promoteurs du procès scandaleux qui lui était intenté-, c'est-à-dire ceux

1. Divers journaux et notamment le Journal des Lois des 8 et 9 frimaire an III.

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