Archives nationales, W, !•' carton
qui, plus tard, se montrèrent les moins défavorables à sa cause.
Aussitôt que la parole lui eut été donnée, il renouvela de vive voix ces protestations, et ajouta que l'accusation portée contre lui étant distincte de celle dirigée contre le Comité révolutionnaire de Nantes, les jurés chargés de le juger devaient être tirés au sort. 11 se ressouvenait qu'il avait été procureur.
L'accusateur public demanda la continuation des débats, nonobstant toute opposition contraire. Un jugement conforme à ses conclusions fut aussitôt rendu. Ce jugement invoquait un décret du 3 septembre 1793, d'après lequel la même section doit connaître des affaires connexes et de celles qui suivent celles dont elle est saisie ; considérant aussi le vague des motifs des récusations, il ordonnait qu'il ne serait tenu aucun compte des oppositions de l'accusé. Sur son observation qu'il n'avait pas choisi de défenseur, la séance fut levée et renvoyée au lendemain ^
Carrier crut devoir appeler de ce jugement devant la Convention. L'Assemblée fut saisie de ses protestations par la lecture qu'en donna Clauzel, au début de la séance du 8 frimaire (28 novembre). La lecture fut écoutée; mais l'ordre du jour pur et simple fut dédaigneusement voté sans discussion-.
Malgré le retentissement inouï de Taiïaire, la cause de Carrier ne tentait personne. Il avait d'abord
1. Moniteur du iO frimaire an III {Réimpression^ XXII, 614). — Bulletin du Tnbunal révolutionnaire^ VU, n"* 5 et 6.