‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 30 sur 172 · Pièces remises à la Commission des Vingt et Un y p · texte numérisé non relu

Pièces remises à la Commission des Vingt et Un y p

28 octobre, des pouvoirs individuels, qui permettaient à chacun des membres de cette Compagnie de faire, h Nantes et dans le département, des visites domiciliaires et des arrestations, sous la seule condition, qui était une garantie dérisoire, de conduire au Comité révolutionnaire les personnes arrêtées, et, par conséquent, sans mandat préalable du Comité ^

Le môme jour, 7 brumaire, 28 octobre, Carrier écrivait à la Convention que Ton venait de s'emparer de la personne de « Tex-député Coustard, etquUl le faisait conduire de suite à Paris ^ ».

De tous les patriotes de Nantes, Coustard avait été celui qui avait propagé avec le plus d'ardeur les opinions révolutionnaires. Dans les administrations, dans les Sociétés populaires, dans les rangs de la garde nationale, il s'en était fait le champion et le porte-drapeau. 11 avait été Tadversaire résolu de la noblesse et du clergé réfractaire et, sauf qu'il n'avait pas voté la mort dans le procès du roi, il avait parfaitement justifié la confiance des électeurs qui l'avaient élu successivement à la Législative et à la Convention. Envoyé en mission dans la Loire-Inférieure, au mois d'avril 1793, il avait bravement payé de sa personne dans divers engagements avec les rebelles. Au mois de juin, il avait été l'auxiliaire le plus actif de Baco, dans l'organisation de la défense de Nantes menacé par

1. Voir : la Compagnie Marat et autres auxiliaires du Comité révolutionnaire^ par A. Lallié (Revue de VOuest^ numéro de juillet 1897).

2. Lettre lue à la séance du H brumaire an II {Réimpression du Moniteur, XVllï, 319 ; Recueil des actes du Comité de Salut public, VUI, 83).

rarmée vendéenne, et, le jour du siège, son émule en bravoure. 11 n'en avait pas moins été dénoncé, le 18 juin, à la tribune de la Convention, comme complice des rebelles, par Marat et Robespierre*, et invité à revenir à Paris pour se justifier. Resté à Nantes, uniquement pour les travaux de la défense, car il avait refusé de s'associer au manifeste girondin du 5 juillet, il avait été, en môme temps que Beysser, le 18 juillet, mis hors la loi et décrété d'accusation 2. Ce décret lui ayant semblé devoir être l'effet d'une erreur, il avait aussitôt écrit à la Convention qu'il n'était resté à Nantes que parce qu'il y avait des dangers à courir, et que, d'ailleurs, le défaut d'avoir déféré à l'ordre du rappel ne devait pas, légalement, avoir contre lui d'autre conséquence que de le faire considérer comme démissionnaire^. Quinze jours plus tard, son collègue Gillet faisait parvenir à la Convention un rapport dans lequel il parlait de sa conduite de la façon la plus élogieuse, et détruisait les allégations portées contre son fédéralisme^.

Confiant dans ces assurances, il continuait de résider à Nantes, lorsque, le 21 septembre, il fut dénoncé au tribunal criminel par des officiers municipaux de Nantes, comme ayant eu des intelligences avec les rebelles. La dénonciation n'avait aucun fondement sérieux : un certain Paulé, lieutenant

i. Réimpression du Moniteur^ XVÎ, 684.

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