Verger, Archives cuHeuses de Nantes^ V
maire an II. Par cette délibération, le Conseil ordonna à tout citoyen, ne marchant pas h la défense de la patrie, de remettre à la Municipalité les bottes et souliers qu'il possédait, à la seule exception de la paire qu'il avait aux pieds, et cela sous peine d'être regardé comme suspect. Le même jour. Carrier apposa sur une expédition de cet arrêté les mots Vu et approuvé^ suivis de son nom. Peu après, le 24 frimaire, il approuva de la même manière, en ajoutant toutefois ces mots : « Pour être suivi de la plus stricte exécution » un arrêté du Département enjoignant, à chacun des Districts, Tordre de faire parvenir à Nantes tous les souliers fabriqués ^ La réquisition et la fabrication demeurèrent cependant fort au-dessous des besoins de Tarmée, et, à ce moment, les lettres des généraux et des représentants, adressées du théâtre de la guerre, sont unanimes à constater la pénurie de souliers. Sans parler d'une circulaire de Bouchotte, ministre de la Guerre, du 14 frimaire, dans laquelle il annonce que le Comité de Salut public Ta chargé de faire distribuer une paire de sabots à chacun des défenseurs de la patrie, « les sabots offrant la chaussure la plus saine en cette saison*^ », Francastel et Bourbotte écrivaient au Comité de Salut public, d'Angers, le 16 frimaire : « Les troupes qui se sont rendues à Angers, à la nouvelle de Tattaquede cette ville, ont fait une marche de dix-huit heures sans se reposer, quoique la plupart fussent sans souliers.
1. Matériel de guerre. Dossier d'arrêtés et de réquisitions (Arch. départem.).