‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 62 sur 172 · Aulard, Recueil des Actes, IX · texte numérisé non relu

Aulard, Recueil des Actes, IX

2. S'il fallait des ordres spéciaux en faveur de la clémence, c'est donc que l'ordre général était Textermination complète des prisonniers.

brigands, arrivait à Carrier une lettre de Westermann, dans laquelle ce général lui mandait : « Enfin les brigands sont aux abois. Ils viennent de toutes parts demander grâce. Je puis les vaincre ; mais ne vaudrait-il pas mieux leur accorder une amnistie et, par ce moyen, ménager le sang de braves républicains que nous pourrions employer plus utilement ailleurs. » On avait parfaitement expliqué à Carrier de quoi il s'agissait. La députation était composée des Corps constitués qui avaient prié Carrier d'en référer h la Convention. Ce (jtiil ne fit pas. Sur cette déposition, le président du tribunal, Dobsent, fit observer que les débats avaient prouvé que ces brigands avaient été fusillés le lendemain*. Le fait de grandes fusillades, ordonnées par Carrier avant l'arrivée de la Commission militaire qui ne commença ses travaux que le 9 nivôse à Nantes est aussi établi par un passage de V Histoire lapidaire de Fournier ainsi conçu : « La garde nationale de cette ville, du 21 au 29 décembre 1793 (l*"'-9 nivôse), fournit chaque jour deux bataillons pour les travaux des fortifications, et pour enterrer des cadavres des malheureux que Carrier faisait fusiller-. »

Il est impossible de supputer exactement le nombre de fusillés. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il fut considérable. Si, d'une part, il a pu arriver que certaines exécutions aient été comptées pour deux, à raison de divergences dans le détail des déclarations, il est certain aussi que les listes des Commissions ne pi'uvent être regardées que

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