Aulard, Recueil des Actes, IX
2. S'il fallait des ordres spéciaux en faveur de la clémence, c'est donc que l'ordre général était Textermination complète des prisonniers.
brigands, arrivait à Carrier une lettre de Westermann, dans laquelle ce général lui mandait : « Enfin les brigands sont aux abois. Ils viennent de toutes parts demander grâce. Je puis les vaincre ; mais ne vaudrait-il pas mieux leur accorder une amnistie et, par ce moyen, ménager le sang de braves républicains que nous pourrions employer plus utilement ailleurs. » On avait parfaitement expliqué à Carrier de quoi il s'agissait. La députation était composée des Corps constitués qui avaient prié Carrier d'en référer h la Convention. Ce (jtiil ne fit pas. Sur cette déposition, le président du tribunal, Dobsent, fit observer que les débats avaient prouvé que ces brigands avaient été fusillés le lendemain*. Le fait de grandes fusillades, ordonnées par Carrier avant l'arrivée de la Commission militaire qui ne commença ses travaux que le 9 nivôse à Nantes est aussi établi par un passage de V Histoire lapidaire de Fournier ainsi conçu : « La garde nationale de cette ville, du 21 au 29 décembre 1793 (l*"'-9 nivôse), fournit chaque jour deux bataillons pour les travaux des fortifications, et pour enterrer des cadavres des malheureux que Carrier faisait fusiller-. »
Il est impossible de supputer exactement le nombre de fusillés. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il fut considérable. Si, d'une part, il a pu arriver que certaines exécutions aient été comptées pour deux, à raison de divergences dans le détail des déclarations, il est certain aussi que les listes des Commissions ne pi'uvent être regardées que