‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 74 sur 172 · Rousset, les Volontaires, in-18, p · texte numérisé non relu

Rousset, les Volontaires, in-18, p

Le commandant Muscar, qui occupa longtemps le poste du château d'Aux, près Indret, écrivait de son côté : « Cet esprit de rapacité et de pillage est une lèpre qui a malheureusement atteint toute Tarmée. La plus grande partie des bataillons qui sont dans la Vendée sont des troupes ramassées à la hâte, organisées précipitamment, commandées, la plupart, par des officiers qui, sans aucune connaissance militaire, ne peuvent se concilier ni l'estime, ni la confiance du soldat*. »

Cette anarchie militaire aurait eu, pour la République, les plus graves conséquences, si le Comité de Salut public n'avait eu, sous la main, la nombreuse garnison de Mayence, qui, aux termes de sa récente capitulation, ne pouvait servir contre rÉtranger. Les troupes de Mayence, lancées sur la grande armée royaliste, sous la direction de Kléber, de Marceau et autres généraux, avaient, en moins de trois mois, changé la face des choses, et la grande armée royaliste, diminuée à Chollet, dispersée au Mans, avait été anéantie à Savenay. Les lettres des généraux qui ont été citées, montrent que ce ne fut pas sans gloire qu'elle succomba sous l'effort de soldats réputés pour leur vaillance et leur solidité.

La méfiance des généraux n'est point un sentiment inspiré aux républicains, comme on pourrait le croire, par le 18 brumaire. C'est, parait-il, un sentiment inné chez eux, et les témoignages de cette méfiance abondent dans l'histoire de la Révolution. Les armées, sous peine de ne pas être, sont

1. Savary, les Gueires des Vendéens et des Chouans^ 111, 48 i.

ont reçu du président le baiser fraternel. »

La vue de ces illuminations avait fort excité Carrier, et il fut pris d'une fureur subite en apercevant quelques fenêtres où elles manquaient. « 11 ordonna à des soldats de faire feu sur ces citoyens peu empressés h témoigner leur joie, et qui ne pouvaient être que des contre-révolutionnaires; de plus, il autorisa les volontaires h se loger confusément partout où ils voudraient, de façon que certains citoyens furent obligés de loger vingt ou trente personnes, et furent ainsi privés de leurs lits et de leur nécessaire^. »

La veille, le 3 nivôse, il avait fait emprisonner, le général Moulin et l'avait bâ tonné comme un laquais pris en faute.

Après le désastre du Mans, 21 frimaire (11 décembre), larmée vendéenne, en désordre, s'était dirigée vers Ancenis pour y repasser la Loire. A la nouvelle de ce mouvement, Carrier avait pris peur, et, pour un homme qui prétendait avoir l'entente des choses de la guerre, il avait commis la bévue d'écrire à Haxo, qui commandait, à ce moment, à une dizaine de lieues au sud de Nantes, de se porter sans retard du côté de Saint-Florent, qu'il n'aurait pu atteindre en moins de cinq ou six jours de marche. Contre-ordre avait dû être donné dès le lendemain 3.

Moulin qui, lui, pouvait agir, puisqu'il se trou-

1. Savary, Guerres des Vendéens, II» p., 460. — Correspondance privée de fienaben {Revue de la Révolution^ 1885, t. VI, H* p., p. 107).

2. Déposition de Champenois [Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VII, 305).

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