Pheiippes, Noyades, Fusillades, p
4. Bulletin du Tribunal révolutionnaire, VI, 368, et Vil, 53.
Carrier, lorsqu'il apprit Texécution de ses agents, s'emporta, menaça, mais ne tarda pas à se taire, quand on lui eût repn^senté qu'il n'avait rien fait de ce qu'il fallait faire pour les sauver. Au fond, il se pourrait que ses regrets n'aient pas été bien sincères. Avec Fouquet et Lamberty, disparaissaient deux de ses complices les plus compromettants, et il se croyait assuré de la discrétion et de la fidélité de Robin, qu'il avait sauvé de la guillotine en l'emmenant à Paris avec lui, et qu'il avait, de plus, doté d'une bonne place. L'état d'anarchie, dans lequel étaient tombés tous les services publics, permettait à Robin de braver, des rangs de l'armée du Nord, toutes les poursuites des Tribunaux révolutionnaires de Nantes.
Attitude et situation de Carrier à la Convention et aux Jacobins. — Motions diverses faites par lui. — Le discours de Robespierre^ sur le rapport des idées religieuses avec les principes républicains, loué par Carrier et par le petit Jullien. — Discours de Carrier aux Jacobins sur sa mission à Nantes. — Menaces de l'orateur contre Baco et autres Nantais détenus à Paris. — Carrier, secrétaire de la Convention. — L'article 10 de la loi du 22 prairial an IL
A la Convention, de môme qu'aux Jacobins où il était très assidu, Carrier n'avait ni la situation louche, ni l'attitude embarrassée d'un homme dont les cruautés étaient connues de tous ceux qui lisaient les journaux. Quand il lui plaisait de prendre la parole, il se faisait écouter aussi bien qu'un autre.
Le 6 germinal an H (26 mars 1794), la Commission des émigrés est chargée, sur sa demande, d'aviser h réprimer la fraude des femmes d'émigrés, qui réussissaient quelquefois à sauver une partie du patrimoine de leurs maris en faisant prononcer contre eux la séparation de corps*.
Le lendemain, il se porte garant du patriotisme brûlant du général Jordy, et lui procure les applaudissements de l'Assemblée'^.