Eod.. XX
Le 10 germinal (30 mars 1794), il appuie énergiqiiement le renvoi, devant le Tribunal révolutionnaire, de Pichard-Dupage, ancien procureur général-syndic du département de la Vendée, contre lequel aucune charge n'avait pu *^tre relevée par la Commission militaire de Fontenay^
Un autre jour, il qualifie de muscadins les jeunes gens qui, pour se soustraire aux dangers de la guerre, se font incorporer dans l'administration des charrois; et, à la suite d'une discussion, un décret est voté pour obvier à cet abus 2.
H célébrait, au besoin, la gloire des armées, et prêchait Tobéissance au gouvernement du Comité de Salut public : « Est-il au pouvoir d'un Français, disait-il, le 9 floréal (28 avril), de retenir l'expansion de sa joie quand il voit les succès de sa patrie et la bonne conduite de nos soldats... L'ouverture de la campagne nous présage les plus grands succès. Plus nos soldats avanceront dans leur honorable carrière et plus nous nous réjouirons des victoires de la liberté. Réjouissons-nous dans l'intérieur, et sachons y maintenir l'harmonie civile pendant que nos frères d'armes portent des coups terribles au despotisme. Il n'y a pas de plus sûr moyen pour maintenir l'harmonie civile que de concourir de toutes nos forces à seconder les efl'orts du Gouvernement révolutionnaire et à centraliser ses opérations. Le fédéralisme avait isolé toutes les parties de la République pour nous replonger dans le chaos. Sans unité, un Gouvernement tend
i. Réimpression du Moniteur^ XX, 93. Un mois plus tard, le 9 floréal, Plchard était condamné àmort et exécuté. Eod., XX, 384. 2. Séance du 3 floréal, XX, 283.
à sa dissolution. D'après les mesures révolutionnaires safçement établies, tout va reprendre une face nouvelle, et la marche du Gouvernement n'éprouvera aucune difficulté'.» Carrier n'avail pas seulement des amis parmi ses collègues; certains d'entre eux, et de ceux mêmes qui l'avaient vu h ToRuvre, louaient et prônaient Ténergie de ses mesures. « Il faut, — écrivaient delà Rochelle, ' le 5 floréal an 11 (24 avril 1794), Hentz et Francastel au Comité de Salut public, — au milieu des fédéralistes et des contre-révolutionnaires, des hommes forts de caractère et défiants... Il faut, dans ces parties, Carrier, qui a sauvé Nantes par la vigueur de ses mesures, ou quelqu'un semblable à lui'^.»
L'ascendant de Robespierre, sur le Comité de Salut public et la Convention avait atteint son apogée dans les jours qui suivirent son discours sur le rap|)ort des idées religieuses avec les principes républicains. Un arrêté de ce même Comité avait enjoint aux agents nationaux de toutes les communes de France de le faire lire comme une sorte d'évangile, chaque décade, dans tous les édifices publics^.
Le Club des Jacobins ne pouvait lui refuser sa part d'adulation. Le jeune Jullien, revenu de Bordeaux, et sur le point d'y retourner, pour y reprendre le cours de ses épurations sanglantes, s'était chargé de rédiger une adresse des Jacobins à la Convention pour marquer leur adhésion aux doctrines